Au secours ! un ministre y a cruSOIT DIT EN PASSANT
14 Décembre 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où à voir comment est gérée la santé des Algériens, on cale son dos au mur en attendant que s’effondre un système dont on pourrait sérieusement penser qu’il a définitivement atteint ses limites. Mais, me diriez-vous, le constat selon lequel ce dernier ne se soucie même plus des dégâts qu’il cause au quotidien n’est pas nouveau.
Il s’agit, en effet, là, d’un système qui, sans s’inquiéter le moins du monde des limites des hommes et femmes auxquels il a choisi de confier la gestion du pays, n’améliore pas ses rapports avec ceux dont le sort dépend de ce dynamisme en lequel on est censé avoir une confiance aveugle. Lorsqu’un arracheur de dents s’improvise en chercheur, qu’il affirme, le scrupule dans les talons, avoir tourné le dos au Nobel et refusé de répondre aux sollicitations d’organismes étrangers, rompus à la découverte, fébriles à l’idée de s’approprier son produit miracle, on devine l’imposture en même temps que l’on a la vilaine sensation que la Terre ralentit dangereusement le rythme de son évolution avant de s’arrêter de respirer. Pourquoi le margoulin en question se priverait-il de délirer si la reconnaissance lui est servie avec autant de boniments en prime ? J’avoue avoir suffoqué lorsqu’un ministre, et pas des moindres, a certifié qu’il s’agissait là d’un remède miracle qui allait «révolutionner le monde de la médecine». Lorsque le premier responsable de la santé du pays décide qu’un escroc a plus de poids que l’ensemble d’une communauté scientifique, vous vous demandez sur quoi bute l’intégrité des aptitudes requises pour contrarier les mauvaises inspirations. J’ai du mal à imaginer ce saltimbanque du monde médical s’imposer là où la recherche a le triomphe si modeste parce qu’elle tâtonne en permanence par précaution et parce qu’elle connaît la gravité de l’impact à la moindre erreur d’évaluation. J’ai pour habitude d’exécuter, sans jamais les contredire, les recommandations de mon médecin traitant. Mais comment ne pas sentir le goût de l’arnaque au simple énoncé de Rahmet Rabbi ? Avaler un poison et s’en remettre à Dieu ? Au secours ! un ministre y a cru.
M. B.



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