Les migrants face au racisme algérien !SOIT DIT EN PASSANT
19 Décembre 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
Malika Boussouf.jpg
**Contenu caché: Cliquez sur Thanks pour afficher. **
Il est des jours comme ça où lorsque l’on parcourt quelques-unes des énormités proférées par une personnalité de haut rang, on est vite tenté de mettre les mots choisis par elle, pour expliquer son comportement inqualifiable, sur le compte d’une volonté supérieure de lui faire prendre en charge l’exécution d’une décision pas élégante à faire entendre et encore moins à assumer. Se soumettre aux ordres stricts d’employeurs peut se comprendre, dans le cas où ces derniers ne mettent pas en péril notre intégrité morale. Qui se souvient avoir entendu, il y a quelques années, une chanteuse passée du hawzi au raï clamer, en mordant ses doigts, pour illustrer le propos, qu’elle le faisait pour «le pain» ? Sauf que là, il s’agit d’un avocat engagé, de surcroît dans la défense des droits humains ! Comment garder son calme quand on entend un Farouk Ksentini, censé défendre leur présence sur le sol algérien, accuser les migrants de propager le virus du sida à travers le pays ? Ce que le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme ne sait probablement pas, c’est qu’à force de vouloir justifier l’injustifiable, c’est la réputation de tout un pays qui devient effroyable. Parce qu’au lieu de s’engager à enquêter sur les sévices dont les Subsahariens, dégagés violemment, disent avoir été victimes lors de leur reconduite à la frontière, le voilà qu’il les accuse de propager le VIH et d’enfreindre les lois sur la mendicité que l’on n’a jamais vu appliquer aux Algériens. J’ai écouté, sur une radio internationale, Ali Bensaâd, un éminent professeur- chercheur, contraint d’exiler son savoir pour ne pas mourir, expliquer, parce que les migrations maghrébine et africaine relèvent précisément de sa spécialité et aussi d’autres observateurs avertis, que le comportement d’Alger est «le reflet d’un raidissement politique» qui cache la peur d’une déstabilisation. J’aimerais pouvoir refuser, alors je le dis, que l’on parle en mon nom de façon aussi sordide. Et je ne doute pas un seul instant que bien d’autres parmi nous ne boxent pas dans la même catégorie.
M. B.



Répondre avec citation