Faut-il sévir et contre quoi ?SOIT DIT EN PASSANT
20 Décembre 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
Malika Boussouf.jpg
**Contenu caché: Cliquez sur Thanks pour afficher. **
Il est des jours comme ça où, alors que l’on a la méchante sensation de tourner en rond sans pouvoir cerner toutes les raisons à l’origine de ce sentiment, on s’interroge, par exemple, sur ce qui freine en haut lieu et qui fait que l’on attende toujours un certain temps avant de faire le ménage. Autrement dit, pour dégager ceux qui plombent et la crédibilité de l’Etat et celle des élites censées en faire tourner les rouages. Dans la bonne direction, bien sûr, même si une belle majorité préfère emprunter la mauvaise. Sans vouloir forcément aller dans le sens de ceux qui voient les choses se déliter et partir en morceaux, je ne peux m’empêcher de croire qu’un pays puisse aller de l’avant quand certains de ses plus hauts responsables se déjugent et fragilisent la fonction qui est la leur.
Au moins, comme l’entendent et le dénoncent les langues hostiles aux initiatives farfelues, le temps qu’un proche bénéficiaire empoche la récompense pour «ses louables efforts» ! Là où les choses deviennent sérieuses, c’est lorsque l’on n’arrive même plus à faire la différence entre tel haut responsable et tel autre. Qui est ministre, qui est gouverneur et qui est wali ? Je force peu-être un peu le trait, mais il est vrai que l’Algérien d’en bas, qui perd des journées entières à courir après un moyen provisoire qui lui permette de survivre, en est réduit à ne plus les distinguer les uns des autres. faute d’avoir eu, durant leur exercice, l’occasion d’applaudir l’un des exploits enregistrés par leurs départements respectifs.On admet souvent ignorer jusqu’au nom d’une majorité des membres du gouvernement parce qu’on ne les connaît pas, jusqu’au jour où ils sortent de l’ombre et enfilent un costume inadapté à leur statut. On admet, alors, qu’abîmer une image, à l’origine voulue parfaite, c’est ce que l’on sait faire le mieux, chez nous, lorsque l’on prend du galon. Loin de moi l’idée de dénigrer celles et ceux qui rament pour se faire entendre alors qu’ils s’éreintent à nous garder le buste hors de l’eau. Beaucoup d’entre eux sont, aujourd’hui, à la retraite. Ils avaient la tête solide mais pas les épaules.
M. B.



Répondre avec citation