10%, ça fait combien ?SOIT DIT EN PASSANT
10 Décembre 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où quand vous apprenez que des
ministres de la République sont prêts à se délester de 10%
de leur salaire, ça vous fait doucement sourire.Non pas que
le geste ne soit pas louable ! Loin de moi l’envie de me
moquer ! Bien au contraire , c’est lorsque je me demande
combien ils gagnent et que je n’arrive pas à évaluer
le montant des privilèges dont ils bénéficient en plus du
salaire, que mon sourire se transforme en grimace et que je
me dis louable à quel point ? Mais au fait, ils gagnent
combien nos ministres ? Faisons une toute petite
simulation. Admettons qu’ils perçoivent 400 000 DA. 10%
équivaudraient à 40 000 DA. Il leur resterait après leur don
au Trésor 360 000 DA, sans compter tous les avantages
liés au poste. Moi, je veux bien contribuer à renflouer les
caisses de l’Etat dans des conditions similaires. Parce qu’à
la fin de ce petit calcul, on réalise qu’en fin de compte,
tous les «à-côtés» dont ils bénéficient grâce à la fonction
permettent de récupérer bien plus que ce qu’ils concèdent.
En plus des membres du gouvernement, il y a tous ces hauts
fonctionnaires qui font tourner les cabinets ministériels, tous
les postes de premier rang liés à la fonction présidentielle
et tous les députés et sénateurs censés faire tourner
la machine parlementaire.Voilà par quoi il fallait commencer,
avant de penser aux femmes et à leur sens du sacrifice
bien souvent convoqué pour la bonne cause. Je continuerai
de penser que les cuvées successives de ces dernières
années prennent l’eau de toutes parts et qu’il n’y en a pas
une pour rattraper l’autre. Quoi d’étonnant sachant qu’en
Algérie, quand on prend goût au profit, on apprend vite à
ne rien lâcher de ce que l’on sait pouvoir encore engranger
sans se battre. Cela expliquerait peut-être le fait que tout en
bas de l’échelle, les gens ne protestent ni ne s’entretuent.
Comme ils n’ont rien à préserver, ils n’ont aucune raison
de se battre. J’attendrai, avant de croire que les choses
pourraient rentrer dans l’ordre, de voir comment se
comporteront les représentants du peuple face à la
crise dont ils ne semblent pas mesurer la gravité.
M. B.



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