Fatiguée, Alger s’affaisse !SOIT DIT EN PASSANT
04 Décembre 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où même si vous avez la sensation
de tenir le bout de quelque chose, vous êtes loin de vous
douter que les faits sont encore plus graves que vous ne le
pensez. Lundi dernier, je partageais avec vous un billet ayant
pour titre «Des béquilles pour Alger la Blanche».Le jour-
même, un immeuble, encore un, menaçait de s’effondrer à
la rue Blaise-Pascal, qui joint le boulevard Bougara au Télemly,
pas loin de l’Ecole supérieure des beaux-arts. Les dégâts
étant importants selon l’avis des riverains, j’ai attendu d’en
savoir un peu plus. Non pas que l’accident m’ait surprise plus
que cela, mais juste pour en connaître la cause. Le fait que le
glissement de terrain n’ait pas été naturel mais dû à une
manipulation anarchique du terrain comme révélé plus tard
par le maire d’Alger-Centre n’avait rien d’étonnant.Le terrain
s’est affaissé lorsqu’un habitant du quartier s’est mis en tête,
sans en référer à qui que ce soit, ni cru devoir demander une
autorisation, de faire des travaux chez lui.La rumeur dit
que ce dernier creusait pour s’aménager une piscine dans son
jardin. L’idée qui, sur le coup, m’a paru saugrenue, ne l’a plus
été lorsque je me suis souvenue que l’on avait beaucoup
rapporté à propos de la célèbre boulangerie «La Parisienne»,
au bas de la rue Didouche-Mourad, qu’elle aurait été à
l’origine d’un effondrement programmé de l’immeuble situé
au-dessus. Les locataires avaient été évacués parce qu’ils
risquaient le pire d’un moment à l’autre. Beaucoup
mettent encore aujourd’hui, à tort ou à raison, le trou béant
provoqué par la démolition de l’édifice sur le dos du
propriétaire de la boulangerie en question.On avait raconté à
l’époque où l’immeuble menaçait ruine que ledit commerçant
avait, pour pouvoir réaménager l’arrière-boutique, abattu
les piliers qui portaient tout le poids de la bâtisse. J’ignore si
l’anecdote est réelle comme j’ignore ce à quoi l’on destine
l’espace qui a résulté de la déconstruction. Ce que je sais,
c’est que les règles d’urbanisme ne faisant même pas débat
chez nous, un immeuble moderne, tout en vitrage,
ruinerait l’image architecturale du quartier.
M. B.



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