Gardiens de parking
SOIT DIT EN PASSANT
12 Juin 2016
Gardiens de parking
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Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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[email protected]
Il est des jours comme ça où je me demande ce que ces grands
gaillards feraient s’ils ne s’étaient pas improvisés gardiens de parking !
Pour ne pas faire grand-chose de leurs journées, ils ont trouvé une
astuce infaillible. Vous payez ou on vous crève les pneus. Que l’on
ne vienne surtout pas nous avancer qu’il vaut mieux s’occuper ainsi que
de se droguer. Parce que je ne vois pas du tout ce qui l’empêcherait de
faire les deux en même temps. Il n’est d’ailleurs pas rare que le petit
malin qui rançonne les conducteurs accompagne sa séance de
gardiennage d’un joint roulé à l’abri de bagnoles sur lesquelles il est censé
veiller. Pourquoi m’intéresser à la chose, me diriez-vous, quand le problème
ne se pose pas vraiment pour moi qui n’ai ni permis de conduire ni voiture ?
J’ai souvent vu se faire racketter ceux qui, pour pouvoir se garer une
demi-heure, sont contraints de s’en remettre à de jeunes désœuvrés. Au nez
et à la barbe des autorités locales. Pour ne pas dire avec la bénédiction de la
mairie qui s’en lave allègrement les mains. Pourquoi se faire répressif quand
d’autres, étrangers aux lieux où cela se produit, achètent à coups de billets
et autres gros avantages consentis la paix civile ? Un matin, des jeunes sans
emploi, sans aucun espoir d’en avoir ou qui n’en veulent carrément pas ont
décidé que tel tronçon était le leur. Ils sont quelques-uns par quartier à se
partager l’espace et à vous menacer lorsque vous refusez de payer plus
de 50 DA. Qui ne dit mot consent ! Maintenant que l’habitude de gagner de
l’argent, sans courir le risque de se faire rappeler à l’ordre, est avalisée,
«aventurez- vous à changer les règles et vous verrez ce que vous verrez !»
C’est en ces termes qu’un responsable municipal a admis l’impuissance des
pouvoirs publics à enrayer ce fléau. Nous ne pouvons, malgré tout, nous
empêcher d’évoquer cette nonchalance adoptée depuis quelques années par
les Algériens. Une espèce d’inertie et surtout d’indifférence à l’égard de tout
ce qui ne les concerne pas directement. Entre AADL 1, AADL 2 et autres
préoccupations quotidiennes, ils n’ont pas le temps de regarder ailleurs
ou de s’occuper autrement !
M. B.
Atlas-HD-200 B102 B118
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ZsFa