SOIT DIT EN PASSANT
19 Mai 2016
La sombre antichambre du paradis
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


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Il est des jours comme ça où, alors que l’on pense à ces tout jeunes garçons dont
l’innocence souillée par des hommes d’Eglise ne renvoie plus que le souvenir
douloureux d’une enfance fracassée, on est spontanément tenté, comme si cela allait
de soi, de regarder du côté de ces jeunes musulmanes qui n’ont pas encore atteint
l’adolescence et dont on s’autorise, dans certaines régions du monde et à des périodes
plus trash que d’autres, d’abuser de leurs corps à maturité précaire, comme d’une vulgaire
marchandise, sous prétexte qu’ils n’auraient pas d’autre raison d’être.Le monde serait-il
en panne de frissons ou d’aventures sanguinaires au point que des individus s’en aillent par
milliers rejoindre les rangs de rustres égorgeurs élevés au rang de valeureux combattants ?
Et tandis que les uns font la promotion du mal au nom du bien communautaire, certains
analystes ne s’attardent pas sur cette pétrifiante violence faite aux femmes qu’ils mettent
indirectement sur le compte des dommages collatéraux.Entre les adeptes du mariage de
jouissance, qui se pratiquait il y a quelques années chez nous et dont je ne doute pas qu’il
continue à fleurir loin de la réprobation sociale, la chair tendre de jeunes vierges prisée par
les émirs d’un califat virtuel et les prêtres pédophiles, dont on dénonce de plus en plus librement
les atteintes à l’enfance, il y a une ligne commune qui est vite franchie. Dans tous les cas,
la pratique sexuelle est pervertie. Et le monde aurait largement de quoi faire pour remettre de la
sérénité dans les affaires cultuelles.Lorsque l’on tire la sonnette d’alarme sur ces corps que l’on
vend, que l’on achète et auxquels on fixe des tarifs, du plus jeune au plus âgé, les autorités
religieuses musulmanes, à quelques rares exceptions près, écoutent sans trancher en faveur des
victimes, soit pour ne pas lâcher les siens, soit pour ne pas les fâcher. Et le silence devient complice
lorsque des témoignages révèlent comment la dignité, quasi impossible à récupérer, fait partie des
conséquences admises de la guerre faite au corps des femmes et de la promotion du proxénétisme ici- bas.

M. B.