Le stade à la maison !
SOIT DIT EN PASSANT
23 Mai 2016 Le stade à la maison !
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où lorsque vous expliquez à un enfant que Maya l’abeille,
Bambi, Bob l’éponge ou Alice sont des personnages de fiction que l’on a créés pour
eux, ils n’aiment pas trop l’idée que ces derniers n’existent pas vraiment mais ils s’en
remettent vite parce qu’ils ne les considèrent pas moins comme des compagnons
supplémentaires qui complètent la panoplie de ceux déjà imaginés pour les besoins
de jeux symboliques. C’est avec les adultes, en fait, que vous pouvez avoir le plus de
mal à vous faire entendre. Vous avez beau expliquer à une grande personne que
les visages qu’elle voit sur l’écran ne sont pas derrière le meuble télé, elle continuera,
et c’est chose courante, à discuter et donner son avis aux acteurs, journalistes,
animateurs ou joueurs qu’elle a en face d’elle.On ne peut même pas parler d’interactivité
dans ce cas, puisque les personnages derrière l’écran restent insensibles, par exemple,
à la montée d’adrénaline chez celui qui leur indique que le tueur est sous le lit.
La réticence de certaines personnes à aller au stade, même lorsque c’est leur équipe
préférée qui joue contre un adversaire redoutable et qu’il lui faut tous ses supporters dans
les tribunes, se comprend parfaitement. Il y a ceux qui n’aiment pas s’y rendre parce qu’ils
ne supportent pas la bousculade et encore moins les effusions violentes. Ils n’y vont peut-être
pas mais ils ne n’hésiteront, par contre, pas à transformer la pièce à vivre en tribune ou à faire
régner la terreur à la maison le temps du match. Ils refont la première partie du match pendant
la mi-temps et se remettent en phase à la reprise. L’exemple du match de football est tout
indiqué pour renseigner sur l’effet des images télé sur celui qui n’a pas pu aller sur place et
sur cette tendance, sympathique au demeurant, à penser pouvoir influencer le résultat en
s’adressant à l’attaquant, au défenseur, au capitaine, au gardien de but, en suggérant,
à haute voix, le remplacement d’un joueur, un carton jaune pour rappeler l’ennemi à l’ordre et
en insultant l’arbitre, comme s’il avait la moindre chance de se faire entendre ou le pouvoir
d’influer sur le cours des évènements en hurlant face à l’écran.
M. B.
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