SOIT DIT EN PASSANT
24 Mai 2016Même ailleurs, j’y pense !Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où lorsque je suis ailleurs, je m’efforce de ne pas penser à Alger
en me disant que j’aurai tout le temps de revenir à ses bons côtés mais aussi et surtout à
ses travers ! Parce que ce sont ceux-là qui nous contrarient au quotidien et que passer
sa vie à dire merci à ceux qui sont payés pour le travail qu’ils font, il n’y a que chez nous
que cela arrive.Je me dis, aussi, que j’ai tout le temps de revenir à cette voisine que j’ai surprise
un matin balançant, par une fenêtre intérieure, un pot de yaourt vidé de son contenu. Dans la
cour occupée par une famille habitant le rez-de-chaussée, ça sent le moisi et on y admire du
linge et un matelas, gorgés de pipi, qui prennent l’air. C’est là, dans cet espace plutôt confiné et
pourquoi pas sur le matelas en question, que va atterrir «l’engin». C’est tellement plus facile,
me diriez-vous, de vider ses ordures sur la tête des autres. C’est même faire montre d’un civisme
à citer en exemple que de gratifier ses voisins de restes encombrants.
Ce que je raconte là se déroule dans un immeuble situé dans un quartier chic. Je le dis pour le cas
où l’on serait tenté de mettre ce genre de pratiques sur le compte d’individus liés à une catégorie
sociale déterminée. Dans un quartier populaire, les voisins, plus proches dans la galère, se respectent,
s’entraident et cultivent la convivialité. Tous mes amis qui habitent des quartiers comme Bab-El- Oued
ou La Casbah affirment qu’il est impensable d’agir ainsi envers un voisin. Je ne sais pas pourquoi, dans
la foulée, je pense à mes balades en ville et à ces extérieurs surchargés qui n’ont pas l’air de gêner grand
monde puisqu’aucun responsable de la ville n’intervient. A se demander à quoi cela sert de badigeonner
les façades d’immeubles si, aussitôt les peintres partis, les balcons sont de nouveau envahis par tout ce
que l’on ne veut pas jeter mais qu’il n’est pas question de garder à l’intérieur de chez soi ? On suppose
aisément que ce sont ceux-là mêmes qui lorsqu’ils ont l’opportunité d’aller s’installer à l’étranger y trimbalent
leurs détestables habitudes et nous font tous passer pour des dégoûtants.
M. B.



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