SOIT DIT EN PASSANT
22 Mai 2016
Le pouvoir (ou le vouloir) de changer
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


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Il est des jours comme ça où, en longeant une rue de la capitale, je me demande,
alors que j’attends une amie qui prend tout son temps pour traverser, si je ne suis
pas en train d’halluciner. Quand mon amie me rejoint, je lui suggère de lever les
yeux vers les balcons qui nous font face.C’est à la rue Larbi Ben M’hidi que je fais
allusion. Une rue dont, à l’exception des trottoirs défoncés, la mairie d’Alger-Centre a,
presque entièrement, restauré les façades. Des façades magnifiques ! De véritables
œuvres architecturales. Du très bel art dont la préservation est, hélas, laissée à la
discrétion des locataires, propriétaires ou indus occupants. Nous hochons la tête mon
amie et moi d’un air entendu avant de nous demander qui occupe l’immeuble d’en face.
Nous jetons, de nouveau, un regard ahuri vers les balcons avant de reprendre notre chemin.
Pendant tout le trajet vers la Grande-Poste, nous avons passé en revue certaines
des possibilités susceptibles d’influencer le changement.Personnellement, je crois dur
comme fer que nous avons, chacun à son niveau, le pouvoir de changer les choses, de les
transformer à son avantage et d’embellir son quotidien. A moins d’ignorer totalement ce que
se faire du bien veut dire. Les balcons au bout de la rue Ben M’hidi, à hauteur de la rue
Ali-Boumendjel, sont dégoûtants. A l’une des fenêtres d’un deuxième étage, la barre de fer
à laquelle est accrochée une bâche crasseuse est à moitié arrachée. La porte-fenêtre d’à côté
est protégée par un rideau totalement délavé.Au troisième étage, on oublie vite le superbe
balcon en fer forgé pour se concentrer sur les bâches qui tombent en lambeaux. Question
pourquoi la mairie ne pénalise-t-elle pas ceux qui occupent les lieux ? A quoi cela sert-il de
restaurer une façade si les habitants de l’immeuble ne prennent pas le relais ? Pourquoi ne pas
contraindre les locataires à se protéger autrement du regard curieux des voisins ou des
passants ? C’est franchement honteux d’offrir une image aussi hideuse de soi, de ses extérieurs
et de laisser entendre qu’à l’intérieur ce n’est guère mieux entretenu.

M. B.