Deux indépendances, deux conduites opposées !
SOIT DIT EN PASSANT
23 Juillet 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où, même en admettant que l’on puisse user d’une
machine à remonter le temps, il nous serait difficile de revivre dans les moindres
détails ces jours où l’Algérie a signé l’acte fondateur de son indépendance.
Je dis cela parce qu’en suivant la retransmission du défilé du 14 Juillet, je me suis souvenue que la nôtre de date d’indépendance avait été marquée un peu comme
si, un peu comme ça, quelques jours auparavant. J’avoue, pourtant, ne pas être
vraiment friande de démonstrations dont on comprend, vite, qu’elles sont plus une affirmation de puissance et de force. Une espèce de salon ambulant, de kermesse
où est exposé tout l’arsenal militaire dont dispose un pays et au cours de laquelle
défilent tous les acteurs engagés dans la préservation de la souveraineté française,
mais pas que cela. Une manière, que l’on voudrait efficace, de dissuader tout ennemi potentiel qui s’aventurerait à porter atteinte à la pérennité d’une nation. A quoi
pense-t-on de part et d’autre au moment de fêter son indépendance ?
Comment perçoit-on ces dates et en apprécie-t-on la valeur ? En regardant l’ancienne puissance coloniale s’adonner à une démonstration de force et de «grandeur» comme
elle le fait, je me demande, au regard de ce que l’Algérie a fait de son indépendance, comment elle a pu, 54 ans auparavant, en finir avec l’occupant français ?
Si à une époque, désormais révolue, les Algériens ont vanté haut et fort les mérites
de leur révolution, ils ont fini par ne plus y faire référence sans distinguer les vrais bâtisseurs de ceux qui la dépouillent depuis qu’ils ont eu l’opportunité d’accéder aux
hauts postes de commandement.Quand les uns saluent les leurs, blessés lors
d’opérations menées au nom de l’entité qu’ils représentent, les autres rendent hommage aux assassins et oublient les forces qui ont vaillamment défendu le pays durant les dures années de terrorisme. On ne demande même pas de rendre hommage aux héros disparus auxquels l’Algérie doit sa libération mais aux derniers défenseurs des villes et villages
dont on s’est vite débarrassés, sitôt la réconciliation nationale consacrée. M. B.