Tomber de rideau !
SOIT DIT EN PASSANT
10 Juillet 2016 Tomber de rideau !
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où l’on a un mal fou à admettre que des pecnots,
à la ville, cela donne ce que les chaînes de télévision nationales rendent
parfaitement dans les séries qui nous sont servies durant le mois de
Ramadhan. Lorsque le rideau tombe sur les choses affligeantes que
l’on aura greffées avec joyeuseté à trente ruptures de jeûne et après
que ces dernières aient animé trente de nos soirées que nous aurons
voulues connectées au talent local, je pousse, personnellement,
un grand soupir de soulagement. Le fort plaisir de nous savoir en
osmose avec nos concitoyens aura vécu et l’exaltation des premiers jours
vite battue en brèche par de stupides caméras cachées qu’aucune
autorité culturelle ne contestera. On pourrait toujours se dire, histoire
de se consoler à moindre prix, que les gesticulations d’un «Boudou»
et compagnie contribuent, au moins, à alerter sur la culture au rabais
dans laquelle nous nous enlisons chaque année un peu plus,
mais rien n’y fait ! Les gloussements d’une majorité de téléspectateurs
qui s’extasie face aux rafales d’inepties nous renseignent sur la gravité
du nivellement par le bas, entrepris, avec succès, depuis des décennies.
Certains esprits éclairés parleront de parodies rondement menées
et de réalisations réussies en même temps qu’ils attribueront un double
sens aux sketchs insipides et lourdingues diffusés en trente épisodes.
J’aurais presque envie d’adhérer à cette agilité d’esprit avec
laquelle on perçoit de l’intelligence là où il n’y en a pas.Quand on sait ce
qui arrive à celles et ceux qui font vraiment montre de talent dans la
discipline et la violence du retour de bâton, on comprend mieux pourquoi
l’injustifiable se fait, sans mesure ni retenue, le reflet de ce qui agite les
bonnes âmes qui pensent pour nous. Bien sûr que la parodie aurait pu
être d’un meilleur niveau. Encore faut-il que le meilleur communie
avec les nouvelles mentalités qui prévalent dans les villes comme dans
les douars. Il était temps que l’on en finisse avec ces scénarios dont
on pourrait croire qu’ils sont conçus ainsi à dessein quand ils n’en
illustrent pas moins l’insulte à la belle culture algérienne.
M. B.
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