SOIT DIT EN PASSANT
26 Juin 2016
Indolence et laisser-aller !
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Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où, à moins de les passer minutieusement
en revue, vous ne réussirez pas à identifier les raisons qui font
qu’au fil des ans, les Algériens ont renoncé à défendre leurs droits et à
réclamer que justice leur soit rendue en cas de nécessité. Depuis que
la gestion du pays a été cédée au pouvoir en place, les besoins se sont
multipliés tandis qu’en haut lieu on ne craint même plus de ne pas y répondre.
Lorsque l’on n’aura plus les moyens matériels d’acheter la paix, on
n’hésitera pas à recourir à la force pour maintenir l’ordre, garder les rênes et
entretenir les privilèges et l’impunité des courtisans. Durant tout son règne,
Bouteflika aura fait en sorte de convaincre l’Algérie d’en bas d’intégrer la menace.
Aujourd’hui, c’est chose faite. Voilà donc où nous aura conduits un système
qui, pour n’avoir pas été décrié en temps voulu, n’aura ni mesuré l’ampleur
des dégâts causé par lui ni jugé bon de s’amender en passant le relais à mieux
armé. Des voix dissonantes au sein de l’appareil d’Etat, on en n’a jamais entendu.
Et pour cause ! On choisit ses membres en fonction de la capacité qu’ils ont à
s’adapter à la philosophie du clan. En dehors, il y en a quelques-unes bien sûr
mais elles ne comptent pas dans le sens où elles ne suscitent aucune réaction
dans l’immédiat. Les otages, ce sont ces Algériens, jeunes et moins jeunes.
Tout un pays au cœur d’enjeux dont il n’arrive pas à vraiment cerner la finalité.
Pourquoi ne pas réagir ou presque sur un effondrement du système qui ne
travaille plus qu’à se protéger de coups de boutoir compulsifs ? La situation a
atteint un tel niveau de médiocrité que l’on se demande si même avec la meilleure
volonté du monde on arrivera à remonter la pente et rebâtir autour de ce qui a été
détruit.Les choses se compliquent, ont-elles des chances de produire le moindre
effet positif sur l’avenir du pays ? Aurons-nous les moyens qu’il faut pour triompher
des lenteurs et enjamber les difficultés ? On raconte qu’à une époque, nos gouvernants
se sont joués de la culture et de l’éducation, histoire de les mettre à un niveau familier.

M. B.