Ramadhan quand tu nous tiens !
SOIT DIT EN PASSANT
21 Juin 2016
Ramadhan quand tu nous tiens !
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Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où il nous paraît tout à fait approprié
d’évoquer ces moments où il nous est impossible d’aligner deux
phrases tellement le jeûne peut, de façon incontestable, empêcher
d’aller au bout d’une réflexion. Je vais continuer à parler de
la pénibilité des heures qui s’égrènent tout en sachant que des
esprits retors vont me reprocher d’évoquer le mois sacré en
des termes taxés de peu élogieux. C’est là que l’on se surprend à
remarquer qu’il n’y aura pas eu un séisme, une sécheresse,
une inondation ou un Ramadhan sans que l’un ou l’autre ait influencé
le port du voile, la fréquentation plus effrénée des lieux de culte
et les discours sur l’absence de conviction religieuse, mère de tous
les vices. On ne peut pas, alors qu’une coupure d’électricité est
venue aggraver le piteux état dans lequel baigne notre cerveau,
faire l’impasse sur les échanges que l’on a eus la veille ou quelques
semaines plus tôt avec des amis et qui trouvent, étrangement,
les meilleures raisons de remonter à la surface. Cela devient plus
sérieux lorsque l’on évoque, par exemple, la multiplication
d’écoles à la philosophie branlante. Des instituts qui vont vous
former des férus en théologie. Des gardiens du savoir, certains
d’avoir fait le tour des mystères qui guident le monde dans lequel
nous évoluons. Et c’est à ceux-là que la gestion des lieux de culte
est confiée, comme le sera la célèbre mosquée du chef de l’Etat,
lequel aura, en partie, bradé le pays pour combler les bienheureux
que nous sommes. Des snipers dont le rôle n’est pas de comprendre
ce que vous dites mais de veiller à ce que la ligne verte à ne pas franchir
ne le soit jamais.Une majorité d’entre eux se pense suffisamment armée
pour reproduire la leçon apprise par elle tandis que d’autres s’autorisent
à crier au loup. Il m’est tellement cher ce pays où l’on s’essouffle à trouver
une réponse à tout et où lorsqu’il y a une panne d’électricité on l’a met soit
sur le dos de la chaleur en été soit sur celui du froid en hiver.
Je l’adore ce pays où chacun se fabrique les réponses qui conviennent
le mieux à ses états d’âme.
M. B.
Atlas-HD-200 B102 B118
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