Entre l’ordre établi et la morale !
SOIT DIT EN PASSANT
25 Juin 2016
Entre l’ordre établi et la morale !
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Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
Par Malika Boussouf
[email protected]
Il est des jours comme ça où, plutôt que de penser à
se raconter, pour l’utilité de la transmission, des histoires
de partage et de passage de relais, on court au plus simple.
A ce qui n’exige aucun effort mental. Les démonstrations
de force régulières pour faire respecter l’ordre établi,
ceux qui en ont fait la triste expérience confirment qu’elles
sont tout à fait adaptées à nos dirigeants. Quant à préserver
la morale dont on n’hésite pas à laisser croire qu’elle est
défaillante, cela fait belle lurette que l’on ne s’inquiète
plus de trouver ceux qui s’en chargeront. Tous les rappels
auxquels viennent se greffer les mises en garde et les
incitations à craindre, à rejeter et à vouloir se défendre
contre cette tragédie qui se joue ailleurs et qui
pourrait bien nous atteindre sont pathétiques ! Lorsque nous
regardons ce qui se passe à l’extérieur, rien du comportement
des autres ne nous est étranger.Cette force que mettent les pays
touchés par le terrorisme islamiste à positiver, à transformer
la douleur en chansons, à écrire, à créer et à faire en sorte que
l’innommable ne terrasse pas ce que la nature offre comme
moyens d’aimer être là où l’émotion exulte est admirable.
Faire barrage à la prolifération d’actes barbares.Défier la brutalité
et l’horreur et redoubler de créativité pour ne pas laisser le temps
se figer sur l’ignominie. Les Algériens, confrontés au pire durant
plus de dix ans, ont, eux aussi, été capables de se retrouver,
de se regrouper pour manifester leur solidarité avec les disparus,
les survivants et les familles de victimes de la barbarie intégriste.
A chaque menace, des dizaines de milliers de personnes sortaient
pour occuper la rue et dire «on n’a pas peur !» et affirmer que
l’on n’a pas l’intention de s’effacer face aux massacres, convaincus
que le bien se montre toujours plus déterminé et met davantage de
hargne à triompher du mal même si ce dernier pousse sur le fumier
et qu’il est difficile à anéantir. Tout cela on a connu. Qu’en reste-t-il
aujourd’hui ? Rien, si l’on s’en tient aux comportements hypocrites
qui fleurissent un peu plus durant le mois de Ramadhan.
M. B.
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