SOIT DIT EN PASSANT
28 Juin 2016
La tentation du diable !
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Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où lorsque la préoccupation favorite de
certains jeunes gens plus que celle de leurs aînés se focalise sur
la notion de débauche et sur le remède à lui administrer pour
empêcher sa propagation, vous vous demandez où l’Algérie
a bien pu fauter aussi gravement pour avoir à porter pareille
abomination ? Que s’est-il donc passé dans les mentalités des
Algériens ? Depuis les années 90, on a tendance à dire d’eux qu’ils
ont fait leur expérience du terrorisme et qu’ils sont revenus de
l’islamisme. Faux ! Ils ont survécu pour mieux s’adapter aux
effets ravageurs du prosélytisme religieux.Aujourd’hui, ce sont des
jeunes en proie à une régression inféconde, sans emploi et
même pas soucieux d’en trouver qui vont tenter de s’affirmer sur le
dos d’une morale dont des imams leur confient la responsabilité.
Et qu’y aurait-il d’ahurissant, après tout, à s’en prendre au genre
féminin ? C’est le lot quotidien de victimes expiatoires formatées pour
subir en silence les agressions d’un autre genre. Je suis prête à parier
que le comité qui s’est créé avec l’aval des imams, des services
de sécurité et de la Protection civile est exclusivement composé
d’individus qui, à force de végéter, entrent en conflit avec la partie
de leur cerveau qui commande à leurs attributs de s’animer ou non
à la vue d’un corps féminin.Après la chasse aux couples et les
justifications d’une DGSN soucieuse d’offrir une image exemplaire
à un prédicateur à la une, qui improvise des réponses charlatanesques
aux interrogations de patientes sorties de son imagination fertile,
nous voilà invités à applaudir les enjeux d’une campagne contre le
maillot de bain et pour le port de la djebba ! Selon les arguments avancés
par les faiseurs de horma soucieux d’en étendre le principe à toutes les
plages du pays, la société algérienne aurait perdu de sa ferveur. J’ignorais
qu’en Algérie les femmes étaient des inconditionnelles du bikini. On se
demande pourquoi elles se plient aux injonctions et se couvrent la tête,
les bras et les jambes, été comme hiver ! C’est sans doute pour
échapper aux regards inquisiteurs que certaines femmes courent se voiler.

M. B.