Le 1er Novembre à l’abri de la mémoire !SOIT DIT EN PASSANT
1 Novembre 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où, lorsque l’on sait le 1er Novembre pas loin,
on se demande si les enfants de cette Algérie, pour l’indépendance de
laquelle le sang a tellement coulé, ont bien intégré le sens que cette date
revêt à chaque fois qu’elle est évoquée. Au-delà de l’hymne national
qu’on leur apprend à chanter sans en comprendre le sens, il reste clair
que si les parents ne transmettent pas, l’école ne le fera pas. Chacun
estimant que c’est à l’autre de restituer les faits autorisés d’évocation, on
prend bien soin, en haut lieu, de parler de martyrs, même si la tendance
à le faire du bout des lèvres prend le pas sur l’urgence de rendre à
l’Histoire les honneurs qu’elle mérite. Mais ce qui frappe le plus, c’est que
l’on préfère de loin rendre hommage aux anciens moudjahidine. Au moins
pour justifier l’existence d’un ministère qui veille jalousement à satisfaire d’inépuisables appétits.De vous à moi, j’avoue me demander régulièrement
comment l’Algérie a fait pour produire autant d’anciens moudjahidine depuis
1962. Quand vous les croyez tous disparus, il vous en surgit des nouveaux.
Ce qui surprend, c’est que cela n’interpelle aucune conscience.Mais ce qui
révulse dans l’affaire, c’est le cynisme avec lequel on crée du sens et de la
valeur autour de ce qui n’en a pas. J’aimais bien cet adage qui suggérait
d’attendre que les vieux du village, entendez par là les témoins,disparaissent
pour s’inventer un passé de glorieux combattants. Que la corruption, au sens
matériel du terme, soit devenue une culture nationale, cela n’étonne plus
personne et le principe est même admis au plus petit comme au plus haut
niveau de la société et dans les coins les plus reculés du pays. Mais que
d’anciens maquisards fleurissent en veux-tu en voilà avec autant de mépris
et d’insulte à l’intelligence, ça me reste, personnellement, en travers de la
gorge. Comment excuser le fait que notre mémoire soit malmenée par ceux
qui travaillent inlassablement à l’étouffer. Heureusement, il y en a qui, comme l’Association Djazaïrouna, s’en inquiètent et organisent des journées à cet
effet. Pourquoi ne pas en reparler ?
M. B.



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