SOIT DIT EN PASSANT
17 Mars 2016
Chronique d’une journée ordinaire
Malika Boussouf

Journaliste, écrivaine

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Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où quand on me parle d’énergie positive et qu’on essaie
de me convaincre qu’il suffit d’en invoquer l’idée pour se sentir mieux, j’ai les poils
qui se hérissent et le sang qui me monte à la tête. Comment faire autrement quand,
en voulant prendre un taxi le matin pour vous rendre, par exemple, à un rendez-vous
médical, à Hydra, vous vous entendez répondre des «je vais à El-Biar»,
«non, je tourne à droite», «non, c’est pas ma route» ,«lala man rouhch el Hydra ya madame !
Fiha la circulation trop, trop, bezzef !», «ana nakhdem ghir
la ville, hadja khra, non !», «neddik coursa, 400 DA» ! S’il y a un corps de métier que
je ne soutiendrai pas en cas de protestations, ce sera celui des chauffeurs de taxi qui
préfèrent rester stationnés plutôt que de vous conduire là où ça n’arrange pas leurs affaires.
C’est là qu’une forte envie de remettre au goût du jour le principe même de la contestation
vous submerge. Une fois décroché celui qui accepte de vous conduire à bon port,
vous poussez un gros soupir de soulagement pensant que vous en avez enfin fini avec
la galère. Eh bien non ! Parce que lorsque vous arrivez chez le médecin, il y a déjà tellement
d’autres qui attendent que même avec un rendez-vous pris à l’avance, vous savez que vous
allez en avoir pour un petit moment. Mais ce n’est pas
ce qui vous déprime le plus. Ce qui vous démonte le moral, c’est le nombre !
Avoir l’impression que toute l’Algérie est malade n’a rien de réjouissant. Vous pensez,
en optant pour une consultation privée,que les conditions seront meilleures qu’à l’hôpital ?
Pensez donc ! Les cabinets privés sont, eux aussi, débordés même si l’accueil y est plus
correct. Vous constatez au passage que la consultation est passée en quelques mois
de 1 500 à 2 000 DA, mais ce qui vous frappe le plus c’est qu’il y ait du monde partout !
Chez le médecin, chez le pharmacien, chez le radiologue, dans les laboratoires
d’analyses… Vous faites la queue partout sans être sûr d’en sortir satisfait.
A la pharmacie, vous craquez quand on vous parle de rupture ou
qu’on vous propose un équivalent.

M. B.