SOIT DIT EN PASSANT
10 Mars 2016
Trottoirs d’Alger, je vous déteste !
Malika Boussouf

Journaliste, écrivaine

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Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où il suffit qu’il tombe quelques gouttes d’eau pour que les rues
se transforment en pataugeoires dans lesquelles vous vous vautrez au moins une fois.
Et pendant que d’une main vous vous massez la cheville qui vient de se tordre et que
de l’autre vous cherchez un point d’appui à votre portée, vous râlez, en constatant,
une fois de plus, que l’incurie des pouvoirs publics a encore de beaux jours devant elle.
Vous essayez de reprendre vos esprits, mais vous n’arrivez pas à surmonter votre colère
parce que, en plus d’être trempé, vous avez mal partout. Personnellement, je prends vite
en grippe le trottoir défoncé qui vient de m’estropier. Je reste assise, le souffle à moitié
coupé par la douleur, le temps de m’assurer qu’à l’exception de mes genoux bien amochés
et mes mains en sang, tout le reste est en place. Mon sac ne s’est pas vidé dans l’eau boueuse
et personne ne tente de me faire les poches pendant que je me remets lentement de ma chute.
Evidemment, comme toute personne en prise avec une aussi désagréable réalité, je me demande
pourquoi c’est à moi que cela arrive alors que ma journée vient tout juste de commencer
et que j’ai tellement d’autres problèmes à régler. Pendant que je bougonne après le trottoir
et fustige ceux qui l’ont mis dans cet état, des passants curieux de savoir comment je m’en sors
et dans quel état je suis s’arrêtent pensant pouvoir abréger mes lamentations
en partageant avec moi leurs propres mésaventures. Et avant même que les gens ne vaquent
de nouveau à leurs occupations et moi aux miennes, une voix s’élève pour lancer à la cantonade
«Comment rendre sympathiques ces élus locaux qui préfèrent les privilèges aux responsabilités ?»
Les gens alentour approuvent et ils n’ont pas tort ! Parce que la preuve est ainsi faite que l’état
de délabrement avancé des rues d’Algérie n’empêche aucun responsable de dormir.
Qui se soucie,une fois élu, de concrétiser les promesses faites à ses électeurs ?
Dans nos villes en éternel chantier,plus les contrats sont juteux,
plus les travaux s’éternisent ! Allez savoir pourquoi...

M. B.