Pour quelques privilèges de trop
SOIT DIT EN PASSANT
07 Mars 2016
Pour quelques privilèges de trop
Malika Boussouf
Journaliste, écrivaine
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Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où, après avoir mis tellement de fougue à débattre, par exemple,
des raisons qui ont précipité le voyage du directeur général de la Cnas en France,
nous nous sommes surpris, des amis et moi, à nous réjouir de la tournure que prenaient
enfin les évènements.Chacun d’entre nous a, à un moment, ressenti de la honte à regarder
son pays se faire rappeler à l’ordre pour défaut de paiement de prises en charge médicales
dont personne ne doute qu’elles aient plus servi le bien-être de privilégiés du système
qu’à soigner de pauvres bougres sans appui ni protection ni parrainage. Nous en étions à nous
réjouir, avant même d’en avoir la totale certitude, que l’Algérie se soit enfin décidée à clore
le chapitre des interpellations françaises concernant les chaudes factures jusque-là impayées
et à en finir avec les scandaleuses ardoises que ses protégés sèment ici et là à chacun
de leurs voyages ! Plus de 31 millions d’euros de prises en charge seront réglées sur le dos
des pauvres contribuables que nous sommes. C’est la dette la plus élevée qui ait jamais été
contractée par un pays étranger auprès d’hôpitaux français.
Quant à ce que les responsables algériens espéraient, en faisant la sourde oreille aux injonctions
de leurs prestataires outre-mer, ils seraient bien les seuls à avoir pu penser, un seul instant,
que l’on fermerait les yeux sur les montants faramineux dépensés à remettre d’aplomb les protégés
en question dont certains ne résident même pas sur le territoire national !
Parce qu’il ne faut pas croire, la somme indécente sus-évoquée n’a pas été dépensée pour soigner
des citoyens ordinaires ! Et la délégation algérienne qui s’est précipitée à Paris pour calmer
la menace émise par l’administration française le sait bien. Tout le monde sait qui bénéficie
de soins à l’étranger ! Le Président Zeroual a, lui, confié ses yeux à des praticiens nationaux.
Qui oserait nous certifier que la vue n’est rien comparée aux insignifiants soins dentaires,
pédicures médicales et autres petits soucis esthétiques qui font partie des multiples
gratifications accordées aux fidèles ?
M. B.
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