SOIT DIT EN PASSANT
20 Mars 2016
Le bon traitement et le mauvais !
Malika Boussouf

Journaliste, écrivaine

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Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où, même contraints de garder le lit, certains d’entre nous
vont longuement hésiter avant d’avaler les comprimés ou les gouttes qui leur ont
été prescrits, auparavant, pour les mêmes symptômes. Ils sont nombreux ceux qui,
aujourd’hui, réfléchissent à deux fois avant d’aller se faire examiner par un médecin,
quand beaucoup de ceux qui ne peuvent pas faire autrement se rendent chez
ce dernier en traînant les pieds. Il ne faut pas croire que tout le monde peut se permettre
de surfer sur les prix en toute décontraction. J’en connais qui s’arrangent comme
ils peuvent avec le contenu de leur boîte à pharmacie pour éviter de casquer,
et pour la consultation et pour le contenu de l’ordonnance.
Quand ils n’en ont pas les moyens, ce qui peut fréquemment leur arriver, ils renoncent à aller
se faire examiner parce qu’ils ont, selon eux, des besoins plus urgents. Il m’est,
personnellement, arrivé, même si je fais rarement dans l’automédication, de me soigner
avec un reste d’antibiotiques ou d’anti-inflammatoires. Mais je ne le fais plus, depuis
un certain temps, parce que j’ignore si ceux qui ont, précédemment, eu l’effet escompté sur
moi possèdent toujours les mêmes vertus et produiront les mêmes résultats. Je me pose
souvent la question de savoir pourquoi certains antibiotiques, qui hier étaient prescrits
pour soigner une infection, et qui effectivement l’ont enrayée, sont parfois retirés de la vente
et soudainement déclarés dangereux ? Qui décide que tel médicament est à un temps T1
expressément recommandé et à un temps T2 fortement déconseillé ? Qui du ministère de
la Santé, seul habilité à accorder une autorisation de mise sur le marché, des laboratoires
pharmaceutiques ou de leurs généreux sponsors décide de la mise en quarantaine
d’un médicament ? Celui qui finance la production, celui qui distribue ou celui qui cherche
et qui, parce qu’il a trouvé plus efficace, préconise d’abandonner le premier ?
Ce qui me fait froid dans le dos c’est d’apprendre, à propos d’un traitement dont
j’ai usé pendant des années, que ses effets pourraient parfois s’avérer mortels.

M. B.
















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