Ce qu’elles paient pour leur courage !SOIT DIT EN PASSANT
Samedi 7 Janvier 2016
Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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Il est des jours comme ça où lorsque l’on annonce au monde qu’une auteure turque, Asli Erdogan, a été remise en liberté après quatre mois de détention, on applaudit la nouvelle avant de réaliser que la mise en examen reste d’actualité et que la romancière encourt toujours la réclusion à perpétuité. En attendant son procès, des contrôleurs judiciaires veilleront fiévreusement à ce qu’elle ne quitte pas le territoire. Depuis la tentative avortée de coup d’Etat, en juillet dernier, des milliers d’opposants au régime autoritaire d’Ankara croupissent dans les prisons en attendant que les tribunaux tranchent la question de leur sort qui leur sera fait. Accusée d’appartenir à une «organisation terroriste» proche du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, celle qui symbolise désormais la lutte pour les libertés est poursuivie «pour atteinte à l’intégrité de l’Etat» et devra payer pour avoir collaboré avec un journal de l’opposition, interdit d’activité. Et tandis que je poursuis ma lecture sur les compagnons d’infortune de la célèbre romancière, dont une linguiste âgée de 71 ans, je tombe sur une autre nouvelle qui démontre une fois de plus combien la vie des femmes est éphémère lorsqu’elle est confiée à des barbares qui lapident et décapitent à tour de bras. En Afghanistan où le drame a eu lieu, les talibans ne plaisantent pas quand il s’agit d’offrir, en exemple de châtiment extrême, la tête de femmes qui n’observent pas les règles établies par eux. Dans ce cas précis, la jeune femme de 30 ans, dont un groupe de talibans a décidé qu’il fallait sur-le-champ lui trancher la tête, avait osé faire ses courses seule sans son geôlier de mari.
En Afghanistan, là où règne l’extrémisme le plus abject, dont s’inspirent les bourreaux de Daesh, les femmes ont à peine le droit de respirer. Pas d’école, pas de travail, pas de déplacement sans tuteur légal. Un jour, les hommes ont décidé que l’avenir devait s’écrire sans les femmes. Les USA, pour les avoir financés, armés, entraînés et pour avoir accompagné leur régression, ont une grande part de responsabilité dans la mort violente de la jeune femme.
M. B.



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