On a le moral que l’on mérite !

SOIT DIT EN PASSANT
Mercredi 4 Janvier 2016

Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


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Il est des jours comme ça où plus on vous somme d’oublier un chapitre pathétique de votre actualité et plus vous vous demandez lequel, car ils sont nombreux, effacer en priorité de votre mémoire. Il y a quelques jours, une lectrice m’a écrit ceci «Entre le sachet-poubelle, les crachats dans la rue ou le rejet du ‘‘noir’’, vous enfoncez des portes ouvertes et vous nous communiquez votre dépression. Secouez-vous madame, et régalez- nous avec vos articles d’antan.» La dame en question, excédée par mes interventions actuelles, m’a poussée à réfléchir à ce que j’aurais bien pu écrire par le passé qui soit tellement différent de ce que je fais aujourd’hui et qu’il lui laisserait, par conséquent, croire que je sais parler d’autre chose. De la sensuelle danse du ventre, par exemple, de l’horrible torture infligée, ailleurs, aux oies, tandis qu’on les gave pour que puissent s’en délecter plus tard les amateurs de foie gras ou de l’insémination artificielle de quelques ours polaires en voie d’extinction ? Non pas que j’estime ces activités, pour ne citer que celles-ci, dénuées d’intérêt. Loin de moi l’envie de me moquer de ma messagère en colère. Sans vouloir heurter votre sensibilité, que je devine, à fleur de peau, chère madame, permettez-moi de vous signaler que les confrères spécialisés dans les domaines que je viens de citer existent. Ils ne manquent ni de talent ni d’inspiration. Allez à leur découverte et ne revenez à cet espace que lorsque vous aurez admis avec ou sans moi que se voiler la face ne résout rien et n’aide, surtout, pas à avancer. Je n’ai aucune dépression à vous communiquer parce que je ne suis pas, contrairement à vous, terrorisée par ce qui m’entoure. Je pense, au contraire, qu’enfoncer des portes ouvertes, en dénonçant certains écarts de conduite, permet d’évacuer l’écœurement qui nous étreint lorsque l’on se refuse à partager ce détestable comportement qui nous fait fermer les yeux ou tourner le dos à ce qui agresse notre regard. Il faut dire, par ailleurs, que beaucoup d’Algériens ne remarquent même plus la saleté dans laquelle ils pataugent. Bonne et heureuse année !

M. B.