Libye : Tripoli sous la menace d'une explosion « catastrophique »


Les violences en
Libye ne connaissent aucune trêve, alors que les autorités se montrent incapables de contrôler les dizaines de milices qui font la loi dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La France a suivi l'exemple de plusieurs pays occidentaux en exhortant ses ressortissants à quitter le pays. Et à Tripoli, des incendies près d'un immense réservoir de
pétrolemenacent la capitale, lundi 28 juillet.


  • Combats à Tripoli et Benghazi



Les islamistes de Misrata au combat le 26 juillet. | AP/Uncredited


Différents groupes – des combattants islamistes et d'ex-rebelles de la ville de Misrata, leurs anciens compagnons d'armes venus de Zenten – se battent pour le contrôle de la capitale, alors que d'autres s'affrontent en Cyrénaïque, avec en arrière-fond la course pour le contrôle des ressources pétrolières, la percée ou l'anéantissement de groupes
armés islamistes, et une lutte d'influence entre parrains financiers du Golfe (Emirats arabes unis, en particulier), avec pour résultat d'exposer le pays au risque d'explosion, comme la Somalie du début des années 1990, lorsque des rebelles alliés pour chasser Siad Barre avaient ensuite ravagé Mogadiscio et détruit les structures de l'Etat.


A Tripoli, au moins 97 personnes ont été tuées et plus de 400 autres blessées depuis le début des combats le 13 juillet, essentiellement concentrés autour de l'aéroport, qui a été fermé après avoir été partiellement détruit.
Benghazi, dans l'est du pays, est aussi depuis 24 heures le théâtre de violents combats entre l'
armée et des groupes islamistes. Au moins 38 personnes, essentiellement des soldats, ont été tuées, et on déplore quelque 50 blessés.

Lire notre analyse : Trois ans après la chute de Tripoli, la Libye au bord du chaos


  • Des incendies menacent Tripoli

Lors des combats qui se sont tenus dans la capitale, un réservoir touché par une roquette et contenant 6 millions de litres de carburant a pris feu, avant de se propager à un deuxième réservoir. D'après la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), l'incendie dans ce complexe pétrolier qui contient pas moins de 90 millions de litres de carburants est actuellement « hors de contrôle ».

Les autorités ont appelé les habitants des environs à quitter une zone de trois kilomètres autour du site par crainte d'une « explosion d'une grande ampleur » et ont demandé une aide internationale. « La situation devient très dangereuse », a reconnu le gouvernement , mettant en garde contre « une catastrophe humaine et environnementale dont les conséquences sont difficiles à prévoir ». Malgré ces mises en gardes, les roquettes continuaient à tomber près du site.

En plus de l'insécurité, les ressortissants étrangers et les habitants de Tripoli font face à une dégradation sans précédent des conditions de vie, avec des coupures fréquentes d'électricité et d'eau courante, auxquelles s'ajoute une pénurie de carburant.