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La Guinée en deuil suite au mouvement de foule meurtrier
Une bousculade a fait au moins 33 morts dont 11 mineurs et des dizaines de blessés sur la plage de Rogbané, à Taouyah, près de Conakry, dans la nuit de mardi à mercredi.
"C'est avec consternation et vive émotion, que le gouvernement de la république de Guinée a appris le drame tragique ce 29 juillet dans la soirée suite à des mouvements de foule lors d'un événement culturel organisé à une plage de Taouyah dans la commune de Ratoma", souligne un communiqué de la présidence.
Ce drame est survenu à la fin d'un concert organisé à l'occasion de la fête marquant la fin du Ramadan, célébrée lundi en Guinée, avec pour tête d'affiche le groupe de rap "Instinct Killers", très populaire dans le pays.

"Il y a eu une bousculade au sortir de ce concert, c’est bien après le spectacle qu’il y a eu ce drame.
Quand la foule a voulu sortir, il y avait une corde qui barrait le passage et ceux qui étaient derrière ont poussé la foule, il y a eu des gens qui sont tombés, donc une panique générale", a expliqué une source policière.
"La porte de sortie, c'est environ trois mètres, et des milliers de personnes et des véhicules qui veulent sortir en même temps", a précisé une autre source policière, déplorant que la sécurité ait été confiée à un petit nombre de vigiles sans formation appropriée, selon elle.
"Nous avons malheureusement enregistré 33 morts et reçu 58 blessés dans notre hôpital qui ont tous reçu des soins et été libérés", a précisé la directrice de l’hôpital Donka.
Le président Alpha Condé a décrété une semaine deuil national sur l'ensemble du pays, suspendu le directeur de l'agence guinéenne de spectacle de ses fonctions et a annoncé la fermeture de toutes les plages de Conakry jusqu'à nouvel ordre.
Rappelons que le 31 décembre dernier, un événement similaire s’était produit sur une autre plage de Conakry, occasionnant des morts.
Dernière modification par edenmartine ; 31/07/2014 à 09h49.
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En Libye, le naufrage de la révolution

Le pays sombre dans le chaos, et nombre de Libyens disent regretter le temps de Mouammar Kadhafi – le dictateur que les « martyrs » de la révolution de 2011 ont contribué à renverser… | AFP/STR
Editorial du « Monde ». Les bandes armées qui mettent ces jours-ci la Libye à feu et à sang hurlent le même slogan : « Le sang des martyrs n’aura pas été versé en vain ! » Rien n’est moins sûr.
Le pays sombre dans le chaos, et nombre de Libyens disent regretter le temps de Mouammar Kadhafi – le dictateur que les « martyrs » de la révolution de 2011 ont contribué à renverser… Mais au profit de quoi ?
La Libye se décompose. Les rares structures politico-administratives mises en place après 2011 s’effondrent. La vie économique est à l’arrêt. L’une après l’autre, les grandes missions diplomatiques s’en vont, de même que l’ONU et nombre d’ONG. Tripoli, la capitale, et Benghazi et les grandes villes, celles qui hébergent la moitié d’une population de quelque 7 millions d’habitants, sont le théâtre d’affrontements entre bandes armées rivales. Depuis deux semaines, les combats ont gagné en intensité.
On se bat à l’arme lourde, en ville, et, plus encore, sur les deux grands aéroports, ceux de Tripoli et de Benghazi, que les tirs ont rendu inutilisables. Partiellement incendié, un gigantesque dépôt de gaz et de carburant menace d’exploser non loin de la capitale. Mardi 29 juillet, des djihadistes se sont emparés de la principale base militaire de Benghazi – et d’une immense réserve d’armements les plus divers.
LE RÈGNE DES MILICES SUCCÈDE À LA DICTATURE FÉROCE
Au milieu de micro-affrontements ici et là, la bataille principale semble opposerdeux camps irréductibles. D’un côté, les forces d’un général à la retraite, Khalifa Haftar, regroupées dans le mouvement « Dignité », appuyées par des éléments de l’ancien régime et des milices de la région de Zintan, à l’ouest du pays. De l’autre, un rassemblement de Frères musulmans, de groupes islamistes et de djihadistes, disposant du soutien des milices de l’est de la Libye.
Enlèvements, assassinats, mélange fréquent de grand banditisme et de règlements de comptes politiques, le tout entrecoupé de bombardements d’artillerie : les Libyens vivent dans une insécurité croissante. Le rêve d’une Libye tolérante s’est dissipé. A la dictature féroce, tribale, prédatrice qu’était le régime de Kadhafi a succédé le règne des milices – elles aussi prédatrices, tribales et parfaitement étrangères à l’idée même d’un Etat de droit.
Impossible de ne pas poser la question de la pertinence de l’intervention des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne à l’appui de la rébellion de 2011 – intervention que Le Monde a approuvée sans réserve à l’époque.
Washington,Paris et Londres ont-ils eu raison de mener cette campagne de bombardements aériens qui a permis aux rebelles de l’emporter sur Kadhafi ?
Questions faciles à soulever a posteriori : la décision politique de l’intervention se prend parfois dans l’urgence, souvent pour des raisons humanitaires. (Pétrole)
Mais questions auxquelles, au regard du chaos qui emporte la Libye, il est difficile d’échapper aujourd’hui.
Gabon : Plus de 300 Ouest-Africains menacés de rapatriement
Trois cent cinq immigrés clandestins résidant dans un campement de pêcheurs à Port-Gentil, capitale économique du Gabon, ont été brièvement interpellés puis relâchés lundi avec la menace de régulariser leur situation pour ne pas être rapatriés dans un délai de deux mois, a annoncé mercredi le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Lundi au petit matin, la police a bouclé le campement de pêcheurs situé sur la plage de la ville de Port-Gentil, cité pétrolière et capitale économique du pays. La fouille qui s’en est suivie a permis d’appréhender 305 clandestins, dont 222 Béninois, et saisir une importante quantité de drogues.Selon le ministre gabonais de l’Intérieur, Guy Bertrand Mapangou, qui a personnellement dirigé l’opération coup de point, les clandestins seront rapatriés s’ils ne se mettent pas en règle d’ici deux mois.
Au Gabon, le campement de Port-Gentil n’est pas le seul coin de regroupement des pêcheurs venus d’Afrique de l’ouest. Ils sont très nombreux le long des 800 km de la côte gabonaise, notamment les environs de Libreville.Outre la pêche, certains de ces individus s’adonnent au trafic de stupéfiants ou d’êtres humains.
La menace de la secte nigériane Boko Haram oblige le gouvernement gabonais à avoir dorénavant un oeil plus attentif sur les activités de ces immigrés.
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Centrafrique : nouveaux combats entre miliciens malgré l'accord de paix

Sous forte pression internationale, des représentants des anti-balaka et de l'ex-Séléka ont signé le 23 juin un accord de cessation des hostilités, dont la mise en œuvre suscite beaucoup de scepticisme à Bangui. | AFP/PACOME PABANDJI
Au moins 22 personnes, surtout des civils, ont été tuées en Centrafrique lors de violents affrontements mercredi et jeudi 31 juillet entre miliciens anti-balaka et ex-rebelles Séléka. Le drame a eu lieu à Batangafo, à 300 kilomètres au nord de Bangui.
Un officier de la force africaine (Misca), qui a également fait état de « plusieurs dizaines de blessés », témoignait sous couvert de l'anonymat :
« Des éléments se réclamant des anti-balaka sont entrés
dans la ville mercredi et ont commencé à tirer en direction
des bases des ex-Séléka, entraînant la riposte de ces derniers. »
Sous forte pression internationale, des représentants des anti-balaka et de l'ex-Séléka ont signé le 23 juillet un accord de cessation des hostilités, dont la mise en œuvre suscite beaucoup de scepticisme à Bangui.
Vendredi matin, « un calme relatif » régnait dans cette localité du centre du pays, a poursuivi la même source, précisant que, « devant la violence de ces affrontements, les habitants ont fui en masse pour se réfugier à l'hôpital sous-préfectoral, à la base de la Misca, au domicile du Maire ainsi qu'à la mairie et à la paroisse ».
SPIRALE INFERNALE DE VIOLENCES INTERCOMMUNAUTAIRES
Les villes de Batangafo, Bouca, Bossangoa, Markounda et Kabo se trouvent dans la préfecture de l'Ouham, dont est originaire le président déchu François Bozizé, renversé en mars 2013 par la coalition rebelle à dominante musulmane dirigée par Michel Djotodia. Dans les mois qui suivirent, les combattants Séléka devaient multiplier les exactions contre les populations majoritairement chrétiennes de la région, entraînant la création de milices d'autodéfense anti-balaka.
Les affrontements entre combattants des deux groupes ont plongé la Centrafrique dans une spirale infernale de violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés et contraint les civils musulmans à fuir des régions entières du pays. Après l'opération française « Sangaris », en décembre 2013, pour appuyer la force africaine, M. Djotodia a été contraint à la démission. Depuis, les autorités de transition tentent de pacifier le pays, avec le soutien de la communauté internationale.
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Unesco : près de 240 millions de personnes privées d’eau potable en Afrique subsaharienne
« 120 000 » enfants meurent chaque mois dans le monde faute d'eau potable.
Environ « 600 millions » de personnes, dont 40% vivant en Afrique subsaharienne, sont privées d’eau potable dans le monde, selon Eric Falt sous-directeur de l'Unesco chargé des relations extérieures et de l'information publique, à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
Des milliards de personnes à travers le monde sont confrontées à «de lourds défis en matière d’eau et notamment d’eau douce : des défis sont engendrés par la pénurie d’eau, par sa mauvaise qualité, par le manque d’installations sanitaires, voire même par des catastrophes telles qu'inondations et sécheresses» , a pour sa part signalé à la presse, jeudi soir, Patrick Gallaud, président du Comité de liaison ONG-UNESCO, au terme d’une réunion tenue les 30 et 31 juillet à Yamoussoukro (Côte D’Ivoire).
Ont participé à cette rencontre 200 représentants d'ONG (organisations non gouvernementales, nationales, régionales et internationales).
A cette occasion, le sous-directeur de l'Unesco a encore ajouté que seulement 31 % de la population dans le monde utilisent des installations sanitaires améliorées et que 90% des eaux usées sont rejetés dans la nature, sans traitement. Ce qui génère selon lui de lourdes conséquences sur la santé et le développement économique, et explique la mort de « 120 000 » enfants chaque mois faute d'eau potable. « Les effets des changements climatiques aggravent cette situation », a-t-il expliqué.
Falt a, au demeurant, appelé à une meilleure gestion des ressources hydriques, par le biais d’une étroite collaboration entre les gouvernements, les acteurs du secteur privé et la société civile.
Outre l’UNESCO, l’'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé, dans son rapport de juin 2008, que 80 % de toutes les maladies sur terre ont une relation directe avec l’eau. Tuant 3,4 millions de personnes par an, 60% des maladies infantiles sont liées à l'eau non traitée, d’après l’OMS.
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Pollution pétrolière au Nigeria : « rien n'a changé », pour les ONG, malgré le rapport de l'ONU

Trois ans après un retentissant report de l'ONU, des ONG accusent le Nigeria et Shell de n'avoir pratiquement rien fait contre la pollution pétrolière dans l'Ogoniland, au cœur du delta du Niger.
Cette enquête scientifique sans précédent de l'ONU avait établi l'étendue et l'impact de la pollution pétrolière dans la région. Elle avait appelé à mettre en œuvre la plus vaste opération de nettoyage jamais entreprise au monde, d'une durée estimée entre vingt-cinq et trente ans, et appelait industrie pétrolière et gouvernement nigérian à y participer à hauteur de 1 milliard de dollars.
Depuis, les rares dispositions prises par Abuja et Shell « ne sont qu'une façon de cacher que rien n'a changé », selon l'association Friends of the Earth Nigeria. Avec Amnesty International et trois autres organisations, ils ont publié un rapport intitulé « Shell : aucun progrès » lundi 4 août.
EXPLOITATION À OUTRANCE DU SOUS-SOL
« Shell s'est jusqu'à présent dérobé devant la nécessité de nettoyer les dégâts qu'il a causés », estime Amnesty International.
En avril 2013, la compagnie pétrolière Shell avait dépêché du personnel dans l'Ogoniland pour la première fois en deux décennies afin de faire un inventaire de ses installations. La compagnie avait alors affirmé qu'il s'agissait d'une « étape-clé » pour se conformer au rapport de l'ONU de 2011.
Shell avait été forcé en 1993 de cesser ses activités dans la région où vivent les Ogoni, à la suite de manifestations et de protestations. La minorité ogonie – dont neuf militants, parmi lesquels l'écrivain Ken Saro-Wiwa, ont été pendus en 1995 – réclame une juste répartition des richesses héritées du pétrole et des indemnisations pour l'exploitation à outrance du sous-sol de leur région.
Le Nigeria produit environ 2 millions de barils par jour, mais une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté, notamment à cause de la corruption endémique dans le secteur pétrolier.
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Re : Ailleurs .........En Afrique
L'armée du Nigeria accusée de « violations massives des droits de l'homme »

L'organisation non gouvernementale Amnesty International a accusé mardi 5 août l'armée nigériane et les milices civiles qui la soutiennent de « violations massives des droits de l'homme » dans leur combat contre le mouvement islamiste Boko Haram dans le nord-est du pays.
Selon l'ONG, des vidéos, des images et des témoignages recueillis lors d'une récente mission dans l'Etat de Borno ont fourni « de nouvelles preuves d'exécutions extrajudiciaires et de graves violations des droits humains » par de présumés soldats et d'autres groupes armés. Les enregistrements comprennent des images de détenus égorgés et jetés dans des fosses communes « par des hommes qui semblent appartenir à l'armée nigériane et aux milices de la "Force opérationnelle interarmées civile" (CJTF), soutenues par l'Etat », a précisé Amnesty.
« Ce ne sont pas les images que l'on attend d'un gouvernement qui entend jouer les premiers rôles en Afrique », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International. Une vidéo montre par ailleurs les conséquences d'un raid de Boko Haram sur un village, où le groupe armé a tué près de 100 personnes et détruit de nombreuses habitations, a-t-il ajouté.
« SCÈNES ÉTRANGÈRES À NOTRE OPÉRATION »
Le quartier général de l'armée nigériane a rapidement fait savoir dans un communiqué qu'il considérait « très sérieusement les graves allégations »d'Amnesty, qui touchent à « l'intégrité de l'opération antiterroriste en cours » Le haut commandement militaire a réuni une équipe d'officiers supérieurs et d'experts judiciaires et médico-légaux pour étudier les enregistrements et « les allégations d'infractions afin de vérifier la véracité des affirmations et d'identifier les responsables de ces actes ».
« La plupart des scènes décrites dans ces vidéos sont étrangères à notre opération et doivent être examinées pour garantir que de telles pratiques ne se sont pas glissées subrepticement dans le système. »
D'après Amnesty, plus de 4 000 personnes ont été tuées depuis le début de l'année dans le conflit opposant l'armée nigériane et Boko Haram. Ce décompte inclut plus de 600 exécutions sommaires commises après l'attaque d'une caserne le 14 mars à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno.
L'ONG et d'autres associations locales ont déjà accusé l'armée et la police nigérianes d'exécutions extrajudiciaires et de violations des droits de l'homme ces dernières années, mais les autorités nient souvent ces accusations. La police nigériane a récemment annoncé l'introduction de cours sur les droits de l'homme dans le programme de ses écoles d'entraînement.
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Côte d’Ivoire : un pays pillé par le colonialisme français
20 Juillet 2014 - Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire, est actuellement incarcéré auprès de la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité.
Quatre chefs d’accusation ont été retenus à l’encontre de celui qui a été présenté comme le mauvais perdant des élections de 2010, en qualité de coauteur : meurtres, viols et violences sexuelles, actes de persécutions et autres actes inhumains. Non, bien entendu, que l’intéressé soit accusé d’avoir lui-même commis ces atrocités, mais au titre de responsable hiérarchique voire d’inspirateur.
Cette histoire semble être le énième épisode de la vie des nombreux dictateurs qui ont ensanglanté l’Afrique.
Laurent Gbagbo a été appelé à répondre de ses actes après que les forces spéciales de l’opération Licorne l’ont capturé dans son palais présidentiel où il s’était barricadé.
L’ex-président ivoirien est né en 1945. Il a baigné très tôt dans la politique et ses opinions socialistes et panafricaines l’ont rapidement amené à s‘opposer au régime autoritaire d’Houphouët-Boigny qui régna sur la Côte d’Ivoire pendant presque trente ans. Emprisonné à plusieurs reprises, il a finalement été contraint à l’exil à Paris.
Surviennent les élections présidentielles de 2000. Laurent Gbagbo a de véritables chances de remporter le scrutin. Le 23 octobre, les premiers résultats indiquent qu’il arrive en tête, suivi par Robert Guéï. Au soir du premier tour, cet adversaire de taille lui dispute la victoire et dissout le 23 octobre la commission électorale, avant que le ministère de l’intérieur n’annonce sa victoire le lendemain. Mais le 25 octobre, des dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues et, malgré les soldats qui leur tirent dessus, obligent le chef de la junte à quitter les lieux. Laurent Gbagbo est enfin investi comme président de la République le 26 octobre et entame son mandat dans un climat délétère.
Le président sortant se représente en 2010 contre Alassane Ouattara, un ancien ministre d’Houphouët-Boigny. Le scrutin est marqué par des violences. À l’issue du second tour, Ouattara est proclamé le 2 décembre quatrième président de Côte d’Ivoire avec 54,10 % des voix. Mais le conseil constitutionnel invalide les résultats dans les régions du Nord et annonce la réélection de Laurent Gbagbo avec 51,45 % des voix.
Alassane Ouattara a le soutien de la « communauté internationale ». Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est arrêté avec l’appui de l’armée française par les forces de l’ordre de son rival. Ce dernier est proclamé président le 6 mai 2011 et son investiture se déroule à Yamoussoukro le 21 mai 2011 en présence de nombreux chefs d’État, dont Nicolas Sarkozy.
Quelques jours avant l’enlèvement du pouvoir du gouvernement démocratiquement élu, l’Élysée avait entamé une négociation avec lui. Selon des sources concordantes, les discussions ont tourné autour des richesses du sous-sol ivoirien. L’ex président français demande à son homologue ivoirien L. Gbagbo de retenir pour la France 80 % du pétrole ou des revenus du bassin pétrolier du Golfe de Guinée. Sur les 20 % restants, une ponction de 10 % devrait être faire pour le compte du Burkina Faso et le reste à la Côte d’Ivoire. Sur la question, les sources proches des discussions téléphoniques tripartites (Élysée, ambassade de France en Côte d’Ivoire, ministère français des affaires étrangères) indiquent que le chef d’État ivoirien aurait opposé un refus plus que catégorique. La France n’a eu d’autre alternative que d’ordonner le pilonnage de la résidence de L. Gbagbo et d’y positionner des rebelles.
Depuis l’éviction de l’ex président ivoirien, Total a raflé une bonne part des hydrocarbures après avoir obtenu l’acquisition d’un deuxième bloc pétrolier off-shore dans le golfe de Guinée. Les investisseurs français en général se frottèrent les mains. Paris maintient un contrôle de plus en plus étroit sur l’économie de la Côte d’Ivoire : la Banque de France dirige sa monnaie par le biais de l’Union monétaire d’Afrique occidentale (franc CFA) et de nombreux investissements rendent l’économie ivoirienne dépendante de la métropole. Des groupes comme Bouygues, Orange, BNP Paribas, Société générale, Bolloré et Total y font aujourd’hui de juteux bénéfices.
En dépit des efforts prodigués par Fadi El Abdallah, porte-parole de la Cour pénale internationale, et par Fatou Bensouda, procureure adjointe, la procédure est parsemée de nombreuses zones d’ombre et montre que la manœuvre n’avait pour but que de se débarrasser d’un personnage gênant. Par un subtil tour de passe-passe démocratique, l’opération est jouée. Exit Gbagbo et vive Ouattara ! L’ex puissance coloniale est encore bien présente en Afrique…
La France n’a eu de cesse depuis les présidents Chirac et Sarkozy de revenir au premier plan sur le continent noir. Les nombreuses interventions de ces dernières années (Mali, Côte d’Ivoire, République centrafricaine, etc.) sont là pour le prouver. Pour Paris, la vieille doctrine de la Françafrique est plus que jamais d’actualité, avec son colonialisme basé sur l’exploitation et la violence. Mais cette fois-ci avec l’appui de la « communauté internationale ».
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