La dame sur qui chacun essuie son couteau !06 Décembre 2016
Par Hakim Laâlam**Contenu caché: Cliquez sur Thanks pour afficher. **Finalement, à bien y réfléchir, le gros problème de
l’Algérie, c’est l’absence d’un…… vrai patron !Cette dame occupe tout mon esprit depuis quelques heures. Je ne connais ni son nom ni son visage. Je ne l’ai jamais rencontrée ! Mais j’ai lu un peu partout que de grands mâles, courageux comme tout, ont sorti leurs lames, leurs couteaux et s’apprêtent – si ce n’est pas déjà fait – à les essuyer sur le corps de cette malheureuse. Pour reprendre littéralement une expression bien de chez nous. Alors je m’adresse ici à un homme, un homme que je sais sage et pétri de ces qualités des grands commis de l’Etat, le ministre des Affaires étrangères. Que cette dame qui a rempli l’office ingrat d’«animatrice-speakerine-modératrice» lors de l’ouverture du Forum sur l’investissement africain soit protégée ! Parce que j’ai entendu, j’entends et je suppose que je vais encore entendre un tas de gros matous en mal de se décharger de leur incompétence crasse, de leur concupiscence et de leurs rivalités lui faire porter le chapeau des ratages en série lors de cette cérémonie. Et surtout du cafouillage qui a entraîné le départ de Sellal et d’une partie du gouvernement au moment du speech de Haddad. Ça va vers ça ! Les hautes sphères vont finir par se calmer. Parce qu’elles finissent toujours par calmer leur pseudo folle sarabande. Et à l’opinion – laquelle s’en fout un chouia, faut bien l’avouer – on va livrer cette dame à faire grimper au bûcher et à sacrifier pour «purifier» l’air ambiant de plus en plus pourri ces derniers temps. Ce genre de rites sacrificiels est archi connu en Algérie, contrée où l’on n’hésite pas, dès leur plus jeune âge, à contraindre les enfants à assister à l’égorgement du mouton et à applaudir lorsque la tête de la bête est séparée du reste du corps. Alors, de grâce, il n’y a pas d’Aïd en vue, sinon un Mouloud au cours duquel on égorge des pétards à 20 000 dinars l’unité. Par contre, s’il reste un zeste de lucidité, de courage, et de «redjla» chez nous, que ceux qui peuvent l’empêcher, ceux qui en ont la texture civilisationnelle – et Si Ramtane en est – empêchent l’exécution de cette dame inconnue pour moi, mais dont le sort me préoccupe et m’émeut. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.




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