Se naturaliser pour rêver autrement !

SOIT DIT EN PASSANT
21 Septembre 2016

Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


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Il est des jours comme ça où, à trop vouloir faire l’inventaire de ses priorités,
on s’aperçoit que celle de milliers d’Algériens est de réclamer et d’obtenir
la nationalité française. J’ai parcouru, il y a moins d’une semaine, un article
estimant à plus de 17 000 le nombre de compatriotes qui l’ont obtenue l’an
dernier. Moins que certaines années et plus que d’autres, mais c’est assez
pour ne pas laisser indifférent.L’objet de ce billet n’est pas de fustiger
qui que ce soit. Pourquoi ne serait-on pas libre d’aller voir ailleurs si l’herbe
est plus verte que chez soi avant de s’y implanter ?Ce qui interpelle, par
contre, forcément, ce sont les raisons qui font que l’on décide d’évoluer
sous d’autres cieux, d’adopter et d’obéir à d’autres règles de vie.Recouvrer
une nationalité par la réintégration pour les personnes nées avant 1962,
faire des pieds et des mains pour établir une filiation, un lien de
parenté direct ou demander à être naturalisé sont trois comportements
différents qui induisent des démarches distinctes. A l’origine, pourtant,
de ces trois conduites, un point commun que l’on évoque toujours
pour justifier la démarche : la sécurité au sens large du terme. Une fois
qu’elle a fait le tour des possibilités de s’épanouir qui lui sont offertes,
la majorité des postulants, constituée de personnes qui ont renoncé
à leurs espoirs algériens pour aller se construire une autre vie, tente
de décrocher le sésame pour un avenir plus prometteur. Beaucoup
d’entre nous qui se posent en directeurs de conscience vont vite mettre
ça sur le compte d’un abandon de culture, d’un rejet de ce qui est légué
par les aînés au bénéfice d’une culture occidentale, et donc décadente
comme tout ce qui vient d’ailleurs.
L’ancien ennemi suscite des
chorégraphies aux élans passionnés, inspirées par une histoire commune.
Quand l’un confisque les libertés et les espoirs de son peuple, l’autre ne
veut rien laisser au hasard et suggère que la Marseillaise chantée aussi
dans la langue des signes met un terme à une pédagogie de l’ignorance
et permet à toute une nation de communier autour de valeurs républicaines
.
M. B.