SOIT DIT EN PASSANT
05 Mai 2016
Ceux d’en haut et les autres !
malika boussouf
journaliste, écrivaine


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Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où lorsque vous êtes rappelé à l’ordre par un lecteur
qui vous écrit pour dénoncer le mépris de nos gouvernants à l’égard de leurs
administrés, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur la colère de ce dernier, qui
n’est pas loin de penser qu’en gardant le silence, vous vous conduisez,
exactement, comme ceux dont vous-mêmes critiquez les méthodes. En voici,
par exemple, une de question, qui, si elle contrarie celui-ci, va en faire
grimacer plus d’un autre : «Pourquoi les responsables algériens, à quelque niveau
qu’ils se situent ne répondent jamais, ou à quelques exceptions près, au courrier
des citoyens ?» Et à notre ami désabusé de raconter une anecdote qui dit bien
ce qu’elle veut dire sur la nature de l’échange entre responsables et ceux sans
le soutien desquels beaucoup d’entre eux ne seraient pas là où ils sont.
Très remonté, il ose une comparaison qu’il ne devrait franchement pas,
tellement elle met le doigt là où ça fait mal : le laisser-aller et la négligence.
Le lecteur qui note «le manque d’éducation» de ces derniers à l’égard de ceux
qu’ils savent courtiser lorsqu’ils ont besoin de leur voix, raconte comment,
il y a 4 mois, un ami à lui a adressé, simultanément, un courrier à un ministre algérien
et un autre, identique, à François Hollande. Le chef de l’Etat français lui a répondu
dans la semaine. Pas le ministre algérien. Après trois lettres successives,
son ami attend toujours des nouvelles du ministre.C’est l’irrévérence du haut responsable,
auquel il faudrait, peut-être, rappeler que le respect ça va dans les deux sens,
qui révolte notre lecteur. Il sont nombreux à pointer un doigt accusateur vers
une administration qui opte pour le mépris quand on la sollicite. Notre ami fait,
pour le coup, une suggestion intéressante. Pourquoi ne pas interroger, ponctuellement,
les gens d’en bas sur ce qu’ils pensent des gens d’en haut et évaluer comment
ils appréhendent les droits des masses populaires et le devoir des dirigeants à leur égard ?
Pourquoi ne pas s’inspirer de l’avis citoyen pour reconduire ces derniers ou
les démettre de leur mission ?

M. B.