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Re : Sante
Enquête : le Gardasil, un vaccin vraiment dangereux ?
Le 22 novembre dernier, une nouvelle polémique sanitaire éclatait en France : le Gardasil, vaccin contre le cancer du col de l’utérus, engendre-t-il des effets secondaires invalidants de type auto-immun ? Futura-Sciences a creusé la question.
Le Gardasil est un vaccin quadrivalent, qui lutte donc contre quatre souches du papillomavirus humain (HPV 6, 11, 16 et 18), les souches 16 et 18 étant responsables de 70 % des cancers du col de l'utérus. Mais certaines femmes se plaignent d'effets indésirables lourdement handicapants
Elle s’appelle Mélanie, et fête ses 23 ans ce mardi 3 décembre. Comme beaucoup de Français, elle a entendu parler de la plainte au tribunal de Marie-Océane Bourguignon, 18 ans, accusant le laboratoire Sanofi Pasteur d’avoir mis sur le marché un vaccin à l’origine de son handicap d’aujourd’hui : une sclérose en plaques (SEP). Son nom, le Gardasil, préservant contre le papillomavirus humain, est vendu depuis le 23 novembre 2006 en prévention du cancer du col de l’utérus. Marie-Océane ne serait pas la seule, et d’autres plaintes vont être déposées.Cette histoire ravive de mauvais souvenirs chez Mélanie. En pleine force de l’âge, elle se déplace aujourd’hui à l’aide d’une béquille. Une chance, quand elle se rappelle par où elle est passée : il y a de cela quelques années, elle était presque complètement paralysée. Impossible d’amener un verre d’eau à sa bouche, de manger en autonomie ou de se laver seule. Encore moins de tenir debout. Et, étrangement, les symptômes ont commencé à se manifester environ deux semaines après la troisième et dernière injection du Gardasil. Elle avait alors 18 ans.Pour Mélanie et sa mère, il n’y a pas de place au doute. La concordance temporelle est telle que seul le vaccin a pu être à l’origine de son syndrome de Guillain-Barré chronique, que les médecins ont mis du temps à diagnostiquer. Cette maladie auto-immune apparaît lorsque le système immunitairedétruit l’indispensable gaine de myéline entourant les nerfs dans les régions périphériques. En découlent des difficultés motrices plus ou moins importantes en fonction de l’ampleur des lésions. Le plus souvent, la rémission est totale, car l’épisode est aigu. Mais les médecins n’ont pas pu affirmer à la jeune femme qu’elle retrouverait un jour la pleine possession de ses moyens.
Voici à quoi ressemble un neurone (en violet). L'axone est entouré d'une gaine lipidique, servant à isoler électriquement les fibres nerveuses, à l'instar du plastique sur les câbles électriques : c'est la myéline. Lorsque celle-ci est détruite, l'information nerveuse circule mal et ne peut atteindre les organes ciblés, ce qui peut conduire à la paralysie. © Selket, Wikipédia, cc by sa 3.0
Des études évoquent les effets indésirables du Gardasil…
Avec les démarches lancées par Marie-Océane Bourguignon, Mélanie se rend compte qu’elle n’est pas isolée. Elle compte elle aussi se joindre au combat, au moins pour figurer parmi les personnes recensées. Mais peuvent-elles espérer être dédommagées ?Le problème soulevé n’est finalement pas nouveau. La vaccination a longtemps été associée à l’apparition de troubles auto-immuns, qu’il s’agisse de la SEP ou du syndrome de Guillain-Barré. Parmi d’autres. Récemment même, deux études, canadienne et états-unienne, établissent une légère recrudescence des cas de syndrome de Guillain-Barré après la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1), bien qu'il faille prendre ces conclusions avec précaution. On peut se souvenir d’autres précédents, comme le cas de l’hépatite B. Mais les études épidémiologiques, dans ce cas, ne révèlent aucun lien de cause à effet.Que dit alors la littérature scientifique dans le cas du Gardasil ? Les travaux ne vont pas tous dans le même sens. Quelques-uns évoquent les cas de rares patientes qui, dans les jours et les semaines suivant la vaccination par le Gardasil, présentent des symptômes neurologiques importants, comme les études publiées dans le Multiple Sclerosis Journal ou dans la Revista de Neurologia. Si les premiers auteurs appelaient à approfondir la discussion entre le médecin et la patiente, les seconds évoquaient des effets secondaires probables, pour des personnes à priori prédisposées. Un lien plausible donc.… Tandis que d’autres n’en décèlent aucune trace
D’autres études sont bien moins affirmatives. Par exemple, celle publiée dans The Lancet en 2009 confirmait l’immunogénicité du vaccin, mais surtout ne constatait aucun effet indésirable sur les 1.900 femmes testées. Une étude financée par les laboratoires Merck, qui distribuent le vaccin en Amérique.Tout récemment, par le plus grand des hasards, une étude qui évalue les dangers du Gardasil est parue le jour même où Marie-Océane Bourguignon portait plainte. Ce travail, publié dans le Journal of Internal Medicine, se démarque des recherches précédentes. Non seulement il conclut à l’innocuité du vaccin, mais précise même que les femmes immunisées ont moins de risques de souffrir de troubles neurologiques liés à la démyélinisation. Point à noter : cette étude a cette fois été financée par Sanofi Pasteur, qui gère le marché européen. Y a-t-il conflit d’intérêts dans ces deux recherches ? Pas nécessairement.
Les papillomavirus sont des virus qui se transmettent facilement lors des rapports sexuels. Le Gardasil immunise contre 4 des 200 types de papillomavirus. © AJC1, Flickr, cc by nc 2.0
Le Gardasil reste préconisé en France
Alors que dire de la version avancée par les malades ? Bernard Clair, du service de réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), avoue qu’on ne peut pas répondre de manière tranchée à cette question. « L’imputabilité d’un médicament ou d’un vaccin vis-à-vis d’un phénomène est un processus complexe, nécessitant des études épidémiologiques. Parfois, on trouve vite un lien de causalité, lorsqu’on observe des effets secondaires très particuliers survenant avec une fréquence très grande. Mais quand on est en présence d’événements dans les suites qui sont moins spécifiques, la démarche est beaucoup plus lourde avant de déterminer si le médicament est en cause. » Pour le médecin, la question posée par les patientes est légitime. « Mais cela reste une question, pas une affirmation. »Dans une telle situation, la déontologie veut qu’un médecin déclare le cas au centre régional de pharmacovigilance auquel il est rattaché. L’ANSM annonce que depuis le 23 novembre 2006, date de la mise en vente du Gardasil en France, 435 cas d’effets indésirables, dont 135 de maladies auto-immunes, lui ont été rapportés, sur cinq millions de doses distribuées. À l’échelle mondiale, plus de 127 millions de doses de vaccins ont été injectées, avec 26.675 cas d’effets indésirables graves enregistrés. Des chiffres qui font pencher la balance bénéfices-risques très nettement dans le sens de la recommandation, lorsqu’on sait que le cancer du col de l’utérus a tué 1.102 Françaises en 2012, et que le papillomavirus humain en est responsable dans 70 % des cas. Le Gardasil est donc toujours officiellement préconisé par les autorités sanitaires françaises.Que dire des maladies déclarées par ces femmes ? Sont-elles des victimes collatérales ? Est-ce un malheureux hasard ? L’expression anticipée de prédispositions à ces troubles neurologiques ? Difficile, voire impossible, de répondre de manière ferme et définitive. Pourtant, la justice devra être amenée à trancher…
Des cellules souches pour faire respirer les poumons
Après les neurones, une équipe états-unienne vient de transformer des cellules souches humaines en cellules du poumon. Les chercheurs espèrent pouvoir utiliser cette approche pour mieux comprendre les maladies pulmonaires et pour peut-être un jour réussir à greffer des tissus pulmonaires sans aucun risque de rejet.
Les cellules souches peuvent se différencier en n’importe quel type de cellules. Encore faut-il identifier le mélange chimique adéquat. Dans cette étude, les chercheurs ont trouvé celui qui menait aux cellules pulmonaires
La recherche sur les cellules souches est en pleine effervescence. Ces cellules indifférenciées, capables de se multiplier indéfiniment et de se transformer en n’importe quelles autres cellules, offrent des potentialités médicales infinies. En les maîtrisant bien, les chercheurs pourraient cultiver n’importe quel type de tissus et réparer des organes endommagés ou détruits. La thérapie cellulairepourrait par exemple permettre de soigner les maladies dégénératives et greffer des organes plus facilement.Malheureusement, entre la théorie et la pratique, il y a souvent un fossé. L’utilisation de cellules souches, qui proviennent majoritairement d’embryons, pose des problèmes éthiques et politiques. Les chercheurs se sont donc concentrés sur des stratégies alternatives. C’est ainsi qu’en 2006, soit moins de dix ans après la découverte des cellules souches embryonnaires chez l’Homme, Shinya Yamanaka et John Gurdon ont réussi à reprogrammer des cellules de la peau en cellules souches, qu’ils ont appelées cellules souches pluripotentes induites (CSPi). Leurs travaux, récompensés par le prix Nobel de médecine en 2012, ont révolutionné la recherche dans ce domaine. Aujourd’hui, les chercheurs savent fabriquer relativement facilement des cellules souches sans passer par lesembryons et peuvent les manipuler à leur guise pour faire naître d’autres cellules.
Les deux poumons ont pour rôle de réaliser les échanges gazeux entre le corps humain et l’air ambiant. Ces échanges ont lieu au niveau des alvéoles, où le sang est alors enrichi en oxygène et appauvri en dioxyde de carbone. © Patrick J. Lynch, medical illustrator, Wikimedia Commons, cc by 2.5 Ces dernières années, différentes équipes ont pu tour à tour transformer des cellules de peau en cellules cardiaques, pancréatiques, intestinales, hépatiques, nerveuses, etc. Mais jusqu’ici personne n’avait pu fabriquer des cellules pulmonaires à partir de cellules souches humaines. C’est maintenant chose faite. Une équipe du centre médical de l'université Columbia aux États-unis vient d’accomplir cet exploit. Leurs travaux, publiés dans la revue Nature Biotechnology, sont un pas de plus vers l’autogreffe, c’est-à-dire la transplantation de tout ou partie d'un organe fabriqué à partir des propres cellules du patient.
Des cellules pulmonaires qui respirent
Pour réussir cette prouesse, les auteurs ont dû concocter le cocktail chimique miracle capable de métamorphoser les CSPi en cellules pulmonaires fonctionnelles. L’étude n’a pas été facile et a duré plusieurs années. En 2011, les auteurs ont découvert une série de facteurs pouvant transformer des CSPi humaines en cellules de l’endoderme, c’est-à-dire celles qui sont à l’origine des cellules pulmonaires. Il leur a fallu deux années de plus pour dénicher les autres composés permettant de compléter la différenciation jusqu’au bout et produire différents types de cellules de l’épithéliumpulmonaire : les cellules à mucus, les cellules ciliées, les cellules basales, les cellules de Clara et les pneumocytes de type 1 et de type 2.Les scientifiques ont ensuite testé l’activité de leurs cellules. Leur travail a porté ses fruits. Ils ont montré que les cellules fabriquées fonctionnaient correctement. En particulier, les pneumocytes de type 2 étaient capables de produire du surfactant pulmonaire, un matériau complexe qui contrôle les alvéoles et coordonne la respiration pulmonaire.Ses découvertes pourraient aider à mieux étudier et comprendre certaines pathologies pulmonaires, comme la fibrose pulmonaire idiopathique, dans laquelle les pneumocytes de type 2 jouent un rôle clé. « C’est une maladie peu connue, explique Hans-Willem Snoeck, le directeur de l’étude. En utilisant cette technologie cellulaire, on pourrait fabriquer un modèle de la pathologie en laboratoire et l’étudier au niveau moléculaire. » Dans le futur, les chercheurs espèrent utiliser la médecine régénérative pour réaliser des autogreffes de poumons et s’affranchir des problèmes de rejets.
Dernière modification par sindbad001 ; 03/12/2013 à 18h47.
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