Et la médaille alors ?
SOIT DIT EN PASSANT
18 Août 2016

Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


Malika Boussouf.jpg

[email protected]

Il est des jours comme ça où lorsque les esprits ont besoin de rompre
avec un quotidien chargé d’émotions autres que celles suscitées par
les Jeux olympiques, ils se blindent, mentalement, pour mieux
accompagner les acteurs qui animent l’évènement. C’est là que l’on
applaudit l’idée, que la compétition, dont il s’agit, ne pense à
s’organiser qu’autour de valeurs saines. Ces disciplines qui nous
donnent l’envie de célébrer la performance au cœur du sport et
nous font, durant, tout le temps que nos cœurs palpitent
autour des diverses manifestations, la démonstration que le monde
sait se détourner de la brutalité quotidienne et se détacher des
répliques qui s’aiguisent à son contact. Pendant quelques
semaines, la performance physique, qui s’élève à l’ombre
d’un équilibre mental indispensable au succès, va faire barrage
à la fameuse pulsion de mort et l’empêcher de prendre le contrôle.
Si cette dernière prend le dessus, la pulsion de vie fait naufrage
alors que le but recherché par ceux qui concentrent leur énergie
sur les médailles à décrocher est que rien ne perturbe leur besoin
de gloire.Sur le tableau, que l’on parcours, histoire de se mettre
à jour, on cherche. On cherche, pour aller à l’essentiel, non pas un
nom mais un drapeau. On cherche, en vain, un emblème, sans
réfléchir au fait que pour compter parmi les vainqueurs, il faut
n’avoir eu à penser qu’à la victoire !Abandons, qualifications,
repêchages, éliminations, médailles ? Les jours se suivent et
se ressemblent pour les nôtres dont on va s’empresser de juger
l’absence de combativité, d’énergie ou carrément de talent.
Il est tellement plus aisé de clouer au pilori les athlètes plutôt que
le staff sportif censé les conduire à la victoire. Plus facile de
vouer aux gémonies des dirigeants sportifs au lieu de s’en prendre
à leur tutelle respective car c’est là que commence la tambouille
dont tout le monde parle mais dont personne n’a le courage
de dénoncer l’absence d’engagement.
Même les pronostiqueurs d’occasion se montrent incohérents dans
la conduite à tenir face à l’échec. Qui faut-il blâmer ? Celui qui échoue
ou le responsable de l’échec ?

M. B.