SOIT DIT EN PASSANT
30 Mars 2016
A trop jouer avec le feu
malika boussouf

journaliste, écrivaine

Malika Boussouf.jpg

par malika boussouf
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Il est des jours comme ça où la moindre arrestation outre-mer me rappelle que nous avons, en Algérie,
dû nous défendre seuls face à des criminels intégristes qui ne se sont privés de rien. Aujourd’hui, des esprits
s’échauffent et affirment, à propos de ces superpuissances qui nous avaient, alors, abandonnés à notre triste
sort, qu’elles auraient, en retour, perdu de leur réactivité. Comment accréditer la thèse farfelue selon laquelle
ces dernières auraient moins d’emprise sur la respiration d’un monde qu’elles contrôlaient peut-être mieux
jusqu’à ces dernières années ? En même temps, pourquoi s’interdire de comprendre ce qui se trame
dans la tête d’individus qui agissent en électrons libres et échappent au contrôle de leurs parrains avant de
se retourner contre eux ? Ceux qui travaillent sur la question certifient que la violence de Daesh ne vise pas
une démonstration de force mais à promouvoir un règne de la terreur. Il serait juste question de manipuler
l’émotion et d’encourager l’islamophobie, pour mieux recruter en Occident où sévit, en l’occurrence, cette fâcheuse
tendance à associer violence et islam.Les pays occidentaux n’ont pas pu renverser Bachar Al Assad, parce que
l’instrument qu’ils ont tenté d’utiliser, et dont ils avaient sous-traité les services auprès de leurs alliés, s’est autonomisé.
Aujourd’hui, il leur pose problème à eux aussi. L’autre risque qui n’est pas à écarter, c’est qu’il se manifeste, un jour,
en Jordanie et en Arabie Saoudite, alliés importants des Etats- Unis comme il le fait contre les Kurdes qui sont
aussi proches des Américains. Dès le début des hostilités, on a encouragé les Syriens à quitter leur patrie pour aller
se réfugier dans les pays limitrophes. Des experts familiers de l’exil ont très vite décelé le piège, dénoncé les enjeux
et dévoilé la stratégie américaine. C’est là que l’on parle de cette habileté à remettre au goût du jour des expériences
antérieures comme celles testées en Afghanistan et au Nicaragua. C’est dans les camps de réfugiés que l’on recrute,
forme, entraîne et constitue les futurs réseaux dormants, en vue d’une utilisation ultérieure.

M. B.