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Re : Sante
Syndrome de Gilbert
Le syndrome de Gilbert est une affection hépatique héréditaire caractérisée par un ictère dû à un déficit partiel de l'activité enzymatique de la bilirubine glucuronosyltransférase hépatique entraînant une hyperbilirubinémie.
Ce n'est pas une maladie rare : 3 à 10 % de la population est affectée.
La manifestation principale est une hyperbilirubinémie non conjuguée isolée. Excepté l'ictère, l'examen clinique est normal. Chez les enfants et chez les adultes, les périodes d'ictère sont souvent déclenchées par un jeûne ou des infections. Une douleur abdominale modérée et des nausées peuvent être associées aux périodes d'ictère. Parmi les nouveau-nés qui ont un ictère néonatal, ceux atteints du syndrome de Gilbert peuvent avoir un ictère de sévérité et de durée plus importantes.
La maladie est liée à une diminution (de 20 à 30 %) de l'activité enzymatique de la bilirubine glucuronosyltransférase (UDP-glucuronosyltransferase 1-1). Dans les populations européenne, américaine et africaine, une mutation du promoteur du gène UGT1A1 (famille des UDP glucuronosyltransferase 1 polypeptide A1 ; 2q37) a été identifiée, tandis que la séquence codante du gène est normale. Les patients présentant la mutation sont homozygotes pour l'allèle TA7TAA alors que la séquence sauvage est TA6TAA. La transmission est autosomique récessive. Parmi la population générale, 40 % est homozygote pour l'allèle TA6TAA et 16 % est homozygote pour l'allèle TA7TAA. Chez les patients atteints du syndrome de Gilbert, la présence de l'allèle TA7TAA est nécessaire mais non suffisante pour le développement d'un ictère. Un facteur supplémentaire est nécessaire : une hyperhémolyse (la demi-vie des globules rouges est souvent anormalement courte), une dysérythropoïèse ou une absorption réduite de la bilirubine dans le foie. En Asie, l'allèle TA7TAA est très rare et le syndrome de Gilbert est, dans la plupart des cas, dû à une mutation de l'exon 1 du gène UGT1A1.
Le diagnostic est clinique ou la maladie peut être découverte fortuitement à la suite d'un examen de routine révélant une hyperbilirubinémie. Le diagnostic moléculaire est possible, les deux mutations prépondérantes (promoteur et exon 1) étant facilement identifiables.
Le diagnostic différentiel doit inclure le syndrome de Dubin-Johnson et le syndrome de Rotor (voir ces termes).
Le syndrome est transmis selon le mode autosomique récessif mais, étant, bénin, le conseil génétique n'est pas proposé aux familles affectées.
La maladie est totalement bénigne et ne nécessite aucun traitement. Son diagnostic est essentiel pour éviter toutes investigations inutiles. Des précautions doivent être prises en cas d'administration d'antimitotiques (comme l'Irinotecan) dont le métabolisme met en jeu la bilirubine glucuronosyltransférase.
Le pronostic est excellent et un suivi médical n'est pas nécessaire.
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