Le ministre de l’Habitat est formel : «Toutes les bâtisses
inachevées en août 2016 seront démolies ! » Même la …
… Grande Mosquée de Boutef’ ? La nouvelle est tombée ! Tel un uppercut dans mon foie déjà pas mal ravagé. Telle une massue sur la tête : le pétrole est repassé au-dessus de la barre des 50 dollars. Par-dessus, carrément ! Je l’avoue, j’ai accusé le coup, ne pouvant accuser personne d’autre. Le pétrole au-dessus des 50 dollars, c’est l’acte de décès assuré pour un machin que je commençais à peine à connaître, mais que j’aimais déjà beaucoup. Un truc au départ presque anodin, mais qui très vite m’a marqué, m’a profondément ému par son originalité, sa configuration si unique, son caractère mimi au diable. Le comité ministériel restreint va donc mourir ! Mon Dieu ! J’en suis toute chose de vivre les derniers instants de ce bidule devenu culte en quelques semaines à peine. Dire que je ne les verrai plus entrer dans la salle de réunion avec la même mine d’enterrement. Dire que je ne me délecterai plus de reluquer le gouverneur de la Banque d’Algérie traîner comme une croix lourde son gros cartable et en sortir une pile astronomique de dossiers pleins de mauvaises nouvelles à minimiser. Dire que je ne pourrai plus me pâmer devant Gaïd-Salah tenant à la main un cartable plus petit que celui de Laksaci, faisant mine de l’ouvrir à son tour devant les caméras, puis se ravisant, comprenant tout de même qu’il n’aurait pas été crédible en accomplissant ce geste insensé. Dire que je n’entendrai plus Sellal donner injonction aux présents de réduire le train de vie de l’Etat, alors que tout le monde sait qu’aucun d’entre eux n’a pris le train depuis qu’il est ministre. Dire que le ministre de la Santé risquerait l’infarctus en annonçant la mort dans l’âme des patients que, finalement, la gratuité des soins ne sera pas remise en cause. Pas tant que le baril caracole au-dessus des 50 dollars. Et que dire alors des super-ministres du comité restreint ? Quelle déchéance pour eux qui ont plastronné toutes ces dernières semaines, promenant leur statut spécial au nez et à la barbe de leurs collègues qui n’y siégeaient pas dans ce fameux comité ? Retour à la case départ ! La grande salle de réunion. Conseil de gouvernement et des ministres. Le grand souk, quoi ! Tout le monde est là. Pas de privilégiés. Pas de restreintes. Ce soir, je vais tout de même suivre les infos attentivement. Peut-être une bonne nouvelle. Une rebaisse des cours du brut. Qui sait ? Il n’est pas interdit de rêver, n’est-ce pas ? Tout comme il n’est pas interdit de fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L. |