A Alger, ça sent mauvais !

SOIT DIT EN PASSANT
31 Juillet 2016

Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


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Il est des jours comme ça où, parce que c’est l’été et que nous sommes
contraints et forcés de sortir de chez nous, non pas pour aller bronzer
mais pour bosser ou faire des courses, j’avoue personnellement que j’ai
du mal avec tout ça et que j’y vais à reculons. Et pour cause ! Ce n’est
jamais pour rien que l’on hésite à mettre le nez dehors et à la seule
pensée d’avoir à supporter la chaleur tout en courant le risque de se
casser la figure, on y va mais en traînant les pieds. Lever l’étendard blanc,
c’est le premier geste que l’on pense à faire pour manifester notre
renoncement à vouloir attirer l’attention des pouvoirs publics sur la
clochardisation des rues d’Alger et l’état de délabrement avancé des
immeubles censés raconter l’histoire de la capitale et faire état de sa
beauté. Je ne dis pas qu’Alger est en tête des villes les plus sales au
monde, mais je suis prête à parier qu’elle n’en est pas loin. Il y a les
trottoirs éternellement défoncés, les ordures, les crachats..., et quand il
n’y a pas tout ça, il y a ces odeurs nauséabondes, ces relents
d’urine qui donnent l’impression que l’on se déplace dans une gigantesque
pissotière. J’ignore si dans toutes les villes les travaux de restauration de
certaines façades d’immeubles vont à la même allure. A Alger, on a
la désagréable sensation d’un chantier qui n’en finit pas. Il y a des
échafaudages partout qui donnent l’impression d’une ville en ébullition
en voie de faire peau neuve. Mais il ne faut pas quitter les grandes
avenues pour garder cette sensation. Ne pas emprunter les petites ruelles
pour ne rien voir de l’état d’abandon des bâtisses, à l’origine des effondrements
réguliers. Qui est responsable de l’incurie ? On pourra toujours badigeonner les
façades d’immeubles. Les trottoirs, eux, sont, à l’année,difficilement praticables.
Dans quoi est englouti le budget réservé à leur réfection ? C’est comme les routes
que l’on ne répare jamais d’une traite et que l’on préfère rapiécer. Le goudron finit
toujours pas craquer. Et c’est ainsi que se démocratisent les satanés privilèges qui permettent d’offrir du travail aux copains entrepreneurs.


M. B.