Partager le plaisir et pas le courage ?

SOIT DIT EN PASSANT
25 Juillet 2016

Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine


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Il est des jours comme ça où lorsque l’on vous affirme que vivre simplement
peut inspirer du plaisir et, au-delà, susciter de la satisfaction, vous vous en
étonnez, même si vous admettez volontiers qu’il y a peut-être du vrai là-dedans.
Bien sûr, il y en aura toujours qui voudront prétendre le contraire, pourrir
l’ambiance et critiquer les efforts consentis pour embellir, par exemple,
la perspective d’une promotion améliorée. Lorsque les mots se mettent de
la partie et contrarient la réflexion, cela calme définitivement toute tentative de
passer outre les décisions qui fleurissent au gré des ambitions. Ces derniers
jours, comme cela arrive assez ponctuellement, on a évoqué les droits
légitimes à la liberté. Celle-là même qui englobe, entre autres, la circulation et
l’expression. Celle qu’a fait valoir le juge qui a libéré le général Benhadid
lorsqu’il a été autorisé à enterrer la patate, trop chaude pour être gardée plus
longtemps dans la main. Le but premier de ce billet était de parler de vacances,
de loisirs et de plaisirs à partager. Il se voulait faire la liste des activités à
inscrire dans l’emploi du temps du vacancier. Je ne sais pas pourquoi leur
énumération a heurté des inquiétudes d’un autre genre. En rapport avec la
notion de droits légitimes que l’on évoque dans un pays où la cinquième roue
du carrosse est ce peuple que l’on ne sollicite que lorsque s’impose le souci
de montrer patte blanche et celui de rassurer le regard extérieur ! S’interroger
sur le temps que le système pense tenir debout tandis qu’il use d’autorité à
n’importe quelle occasion n’est ni le but ni le jeu. Ces derniers sont ailleurs.
Ils se pensent au mépris total de populations dont on aura réussi à
dompter les revendications et réduire les courageuses ambitions. Matés
ici où on les empêche d’accéder à la reconnaissance, ils réagissent ailleurs.
A n’importe quelle occasion, il y en aura toujours un qui s’écriera
«Mais pourquoi n’est-ce pas à moi que cela arrive ?» En pensant, évidemment,
aux belles choses qui rendent heureux ! Parce que, pour le reste, on
s’en déleste allègrement et même généreusement.

M. B.