Alger, un mois par an !
SOIT DIT EN PASSANT
15 Juin 2016
Alger, un mois par an !
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Par Malika Boussouf
journaliste, écrivaine
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[email protected]
Il est des jours comme ça où, lorsque la vie reprend ses droits
durant les courtes nuits du Ramadhan, on se dit que c’est
possible, que cela pourrait devenir permanent, que les cafés et
les salons de thé savent rester ouverts quand ils en ont l’occasion
ou quand la permission leur est accordée. Le sens de la convivialité
reprend ses droits quand tous ceux qui se seront montrés odieux
durant la journée retrouvent un comportement humain le soir
venu. Lorsque les rues s’animent, que les boutiques s’illuminent et
que des copains de quartier se retrouvent autour d’une partie
de dominos, vous ne comprenez plus pourquoi, jamais en dehors
du Ramadhan, une capitale comme Alger ne montre autant
d’enthousiasme à rester vivante, active, joyeuse. Nous avons
des rapports tellement compliqués avec les choses qui marchent et
mènent au succès que le problème ne se pose plus pendant le jeûne,
dès lors que la seule préoccupation consiste à s’interroger sur
le menu du jour et le prochain chouway à découvrir pas loin de chez soi !
Lorsque l’agressivité ne s’invite pas par la grande porte, c’est l’absence
de réflexion qui fige les esprits. Nous réagissons de façon désincarnée
face à la plus grande et plus aberrante réalisation de Bouteflika.
Ce lieu de culte destiné à abriter plus de 100 000 fidèles, dont beaucoup
s’écrouleront en franchissant le seuil, fait réagir du bout des lèvres.
Quand on pense qu’il y en a même qui vous affirmeront être prêts à mourir
de faim pour voir trôner le monstre vorace qui engloutit au passage
tout l’argent du contribuable et enterre l’espoir de sortir du sous
développement. Elle est triste cette frange d’intellos, plus du tout en quête
de sens, qui s’est enfermée dans une espèce de conformisme primaire
et se montre volontiers plus consensuelle et plus religieuse qu’elle ne
l’a jamais été. Autant faire abstraction de celui qui s’agite et s’éparpille
dans un faible espoir de faire mouche. Il faut dire que sans les textes
religieux et la langue dans laquelle ils ont été transcrits, ceux qui
aspirent à transmettre, plutôt que de reprendre à leur compte ou
d’interpréter à leur guise, ne courent pas les rues.
M. B.
Atlas-HD-200 B102 B118
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