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Discussion: Ce monde qui bouge

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    Post L’été de tous les risques ?

    CE MONDE QUI BOUGE
    21 Août 2015

    L’été de tous les risques ?

    Par Hassane Zerrouky
    [email protected]




    Il s’est passé tellement de choses depuis le début de l’été qu’on a un peu de mal à y voir clair. Il y a eu ces violents affrontements au M’zab (23 morts) et l’arrestation d’une trentaine de personnes majoritairement mozabites, ces onze militaires tués à Aïn Defla, puis ces limogeages de ministres. Enfin, cette histoire jamais confirmée officiellement de coups de feu aux alentours de la Résidence du chef de l’Etat à Zéralda (certains médias ont parlé de «défaillance» et de «négligences» dans la Sécurité présidentielle), lesquelles seraient à l’origine des changements intervenus à la tête de la DSI (contre-espionnage), de la Sécurité présidentielle et de la Garde républicaine. S’agissait-il de sanctions, de mises à l’écart, d’une reprise en main, intervenant au terme d’un bras de fer entre les différents cercles dirigeants politico-militaires, visant à ce qu’il n’y ait qu’un seul centre de pouvoir et de décision ? On n’en sait rien, et ce, même si les faits évoqués rappellent ceux s’étant produits en septembre 2013, après le retour du Président Bouteflika en Algérie à la suite d’une longue hospitalisation : changement à la tête du FLN, remaniement ministériel avec la nomination du général Gaïd Salah au poste de vice-ministre de la Défense, avec en toile de fond l’attaque en règle lancée par le nouveau chef du FLN, Ammar Saâdani, contre le patron du DRS, le général Mohamed Mediène. Pour l’heure, la seule chose dont on peut être certain c’est le fait que le DRS (Département du renseignement et de la sécurité) n’a plus la responsabilité de la Protection et de la Sécurité présidentielle : cette institution est désormais sous tutelle de l’état-major de l’armée. Pour clore le tout, il y a eu cette université d’été de Madani Merzag et des anciens de l’AIS (Armée islamique du salut) dont la tenue ( hasard du calendrier ?) a coïncidé avec la réactivation du Rassemblement pour la Concorde nationale (RCN) qui avait proposé en 2010 de soutenir la candidature de… Saïd Bouteflika à la présidentielle !
    Se greffent sur les faits évoqués ci-dessus, une réalité financière préoccupante et un contexte socio-économique dégradé. Tous les clignotants sont au rouge et le resteront tant que le pouvoir politique n’optera pas pour une autre politique. Mais le peut-il, prisonnier qu’il est d’une vision néolibérale portée par ces lobbies de l’import et ces oligarques, aujourd’hui plus que présents dans les rouages de l’Etat, qui n’auront de cesse que lorsqu’ils auront pompé les réserves de changes jusqu’au dernier dollar. Sinon comment expliquer cette persistance des autorités à minimiser l’ampleur d’une crise dont tout porte à penser qu’elle s’inscrit dans la durée, et à tenir les Algériens dans une totale ignorance de ce qui les attend si les prix du baril continuent leur chute : il est de 41 dollars. Les prévisions de recettes attendues pour fin 2015 seront de 34 milliards de dollars contre 68 milliards en 2014, alors que le volume des importations sera de plus de 57 milliards de dollars, ce qui signifie qu’il faudra puiser quelque 23 milliards de dollars dans les réserves de changes pour financer les importations. Et en 2016, avec un prix du baril en dessous des 45 dollars, nul besoin d’être fin spécialiste pour deviner ce qui attend le pays. Les miracles n’existent pas en économie. Aujourd’hui, force est de constater que le gouvernement n’est pas en capacité de faire face, à lui seul, à la situation et de la redresser d’ici fin 2016. L’imprévoyance (et une certaine suffisance) en économie se paie cher et les problèmes surgiront quand l’argent manquera pour financer la paix sociale et les besoins élémentaires pressants. Et en l’absence d’une intermédiation sociale, d’une opposition politique désertée par ses militants et inconsciente du discrédit populaire dont elle est l’objet, avec un rétrécissement du champ des libertés et un espace socio-politique dominé par les salafo-wahhabites que l’Etat a laissé essaimer et qui disposent d’énormes ressources grâce à l’économie informelle (elle représente plus de 30% du PIB), on devine aisément ce qui va arriver si l’on touche aux intérêts des lobbies de l’import : ils n’hésiteront pas un instant – c’est dans l’ordre naturel des choses – à exploiter (en le dévoyant) le ressentiment populaire (1), et ce, sans compter les menaces pesant aux frontières du pays et les pressions, bien réelles, des puissances capitalistes.
    H. Z.

    (1) Dernière revendication des salafistes : la création d’une police des mœurs contre les femmes ne portant pas le djilbab et non une police anti-corruption… comme disait feu Mohamed Boudiaf : «Où va l’Algérie ?»
    Dernière modification par zadhand ; 21/08/2015 à 23h09. Motif: L’été de tous les risques ?
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