Emeutes ! Amar Ghoul avertit contre les dérapages. C’est
tout de même un comble venant d’un mec qui a…… construit des autoroutes
sur lesquelles on dérape tout le temps ! Abdekka vient de signer deux décrets. L’un relatif à la désignation de 205 magistrats devant siéger dans la Haute Instance indépendante de surveillance des élections. L’autre portant également nomination de 205 autres personnalités, choisies celles-là parmi la société civile. Ce qui fait, au total, 210 personnes. 210 femmes et hommes qui vont tous connaître un phénomène unique dans les prochaines semaines. Un syndrome grave, mais pas irréversible. Une maladie «transitoire et passagère», fort heureusement, pour les 210 victimes. Déjà observé par le passé – le passé électoral s’entend — ce syndrome s’apparente d’abord à un début de perte de l’acuité visuelle et des capacités auditives. Ceux qui en sont atteints commencent à vous faire répéter vos phrases ou vos questions. Lorsque vous vous adressez à eux, ils ont tendance à vous répondre : «Commeeeeent ?» Un peu comme le vieillard de 105 ans qui a gonflé la planète entière avec son record de pédalage à 20 km à l’heure, juché, vissé sur un vélo ! A cette première phase dite d’entame du handicap visuel et auditif, va rapidement succéder l’autre phase. Plus dure. Plus brutale. Plus violente, psychologiquement, surtout pour ceux qui ont connu ces 210 personnes du temps de leur pleine jouissance de la vue et de l’ouïe. Les médecins ayant déjà observé et travaillé sur le phénomène ont donné un nom à cette phase-là : Le PD ! Le Pic de Déconnexion ! Les 210 n’entendent plus rien ! Ne voient plus rien ! Vous pourrez leur mettre sous les yeux tous les textes et images possibles, grossis avec les loupes les plus perfectionnées de la planète, rien ! Walou ! Ils n’y verront goutte. Vous pourrez aussi vous amuser – ou pas d’ailleurs — à coller votre bouche à leurs oreilles, à leur gueuler de vous écouter ou du moins d’écouter des témoins avérés de fraude électorale, là aussi, ils resteront de marbre. Ce même marbre sur lequel, du reste, ils graveront bravement cette phrase héroïque et passée à la postérité électorale algérienne : «Le scrutin s’est déroulé dans d’excellentes conditions de démocratie et de transparence. Nous n’avons eu à relever aucun dépassement ni fait avéré délictuel puni par la loi. Nous saluons la clôture sans incident de ce grand moment qui a vu le choix populaire respecté.» Mais qu’on se rassure. Quelques semaines après, voire des mois, voire des années, parmi les 210, il s’en trouvera toujours quelques-uns pour retrouver plus vite que les autres l’un des sens, la vue ou l’ouïe. Ou les deux à la fois. Là, ils donneront des interviews dites croustillantes et fourrées de surprises. Désolé, mais moi, les seuls machins croustillants et fourrés que je tolère et que j’accepte d’avaler, ce sont les croissants. Et encore ! Seulement et seulement si je peux les accompagner de thé que je fume pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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