À J - 1, Hillary Clinton se positionne en "présidente de tous les Américains"

Modifié le 07/11/2016 à 19:26
Publié le 07/11/2016 à 18:44

Alors que les sondages placent les deux candidats au coude-à-coude,
la démocrate veut convaincre et donne 4 derniers meetings en 24 heures.
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« Faites pour Hillary ce que vous avez fait pour moi », s'est exclamé lundi
dans le Michigan le président américain Barack Obama, la veille de l'élection
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de son successeur, dans une réunion publique de soutien à la candidate
démocrate Hillary Clinton. « Vous avez l'occasion d'élire la première
femme présidente ! » a ajouté le président américain devant des partisans
de la candidate qui scandaient le slogan « Yes, we can ! » de sa propre
campagne présidentielle en 2008. La présidente de tous les Américains,
même « ceux qui votent contre moi » : c'est sur une note positive
qu'Hillary Clinton a lancé lundi la dernière journée de campagne avant le
vote de mardi, au départ d'un dernier périple de 3 300 kilomètres qui
l'emmènera jusqu'au milieu de la nuit. « J'ai du travail à faire pour
rassembler le pays », a-t-elle reconnu, sur le tarmac de l'aéroport régional
de Westchester, non loin de son domicile de Chappaqua, près de New York.
Elle est arrivée tout sourire, dans un tailleur pantalon rouge, en pleine
conversation sur son smartphone avec sa petite-fille de deux ans. Respectant
la tradition des candidats à la Maison-Blanche, elle a pris une photo de groupe
avec les journalistes devant son avion, un Boeing 757 orné d'un « H » et de
son slogan, « Stronger Together » (plus forts ensemble), et qui est devenu sa
seconde maison depuis septembre. Elle n'a toutefois pu s'empêcher d'accuser
son adversaire d'avoir « exacerbé » les divisions au sein des États-Unis. Mais a
promis « Nous accomplirons énormément. »
Les yeux rivés sur les sondages
Hillary Clinton avait quatre villes, quatre bastions démocrates, sur l'itinéraire
de son 575e et dernier jour de campagne : d'abord Pittsburgh, en Pennsylvanie ;
puis Grand Rapids dans le Michigan, où Donald Trump menace et ira lui-même
lundi soir ; Philadelphie en soirée, avec le couple Obama et le chanteur légendaire
Bruce Springsteen ; et enfin un meeting de minuit à Raleigh, en Caroline du
Nord, avant de rentrer dormir à New York. « Nous travaillerons jusqu'à ce que
la dernière voix soit comptée », a-t-elle assuré lundi. La candidate de 69 ans n'a
pourtant pas bousculé ses habitudes. Les quatre meetings de lundi représentent l'exception, plutôt que la règle. En 2012, le même jour, Mitt Romney organisait
cinq meetings, et c'est aussi le nombre de réunions électorales de Donald Trump,
qui a également frénétiquement parcouru les États-Unis dimanche jusque tard
dans la nuit. Telle est l'image de cette fin de campagne : d'un côté, un challenger
qui met les gaz pour terminer sur un coup de théâtre. De l'autre, une candidate
rodée et qui n'aime pas les surprises, calibrant méthodiquement ses déplacements,
les yeux rivés sur les sondages.
« La colère n'est pas un programme »
D'aéroport en aéroport, la caravane de dizaines de personnes qui suit la candidate (policiers lourdement armés du Secret Service, collaborateurs, presse) a vu depuis
72 heures défiler les tours de Philadelphie, les ponts en acier de Pittsburgh, les
palmiers de Miami ou le stade de football américain de Cleveland. Ses foules à elle
ne peuvent rivaliser avec celles de Donald Trump. Alors les metteurs en scène du
camp Clinton soignent les décors, pour créer des événements télégéniques.
Le républicain sait improviser en un tournemain des meetings dans des salles de
sport de 10 000 spectateurs ou des hangars d'aéroports. Chez Clinton, c'est un
petit marché couvert au toit de métal et de verre, paré de drapeaux, qui a par
exemple accueilli vendredi à Détroit 4 000 supporteurs, sous un soleil couchant.
« Ma mère me disait toujours : la colère n'est pas un programme », a-t-elle
expliqué, dénonçant Donald Trump. « Râle, exprime-toi, mais ensuite retrousse
tes manches, et au travail. » Dans la salle, l'auditoire lui est acquis. Mais ils sont en
partie venus pour conjurer leurs angoisses, face aux sondages et à la perspective
de l'après-élection. « J'ai peur que les partisans de Trump se rebellent, ils sont
ignorants ! » s'énerve Tina Gloss, actrice de 47 ans, à Détroit.
Finir sur une note d'optimisme
Dans les cafés où elle s'arrête, Hillary Clinton dit « j'ai besoin de vos prières », et
répète en boucle : « Allez voter, j'ai besoin de vous. » Après avoir éreinté pendant
des semaines le passé et la personnalité de son adversaire républicain, elle a modifié
son discours type pour achever sur une note d'optimisme ce qui pourrait être la
dernière campagne électorale de sa vie, en cas de défaite mardi. Mais aucun de ses discours ne serait complet sans une plaisanterie devenue rituelle.« Avez-vous vu les
trois débats ? » demande systématiquement la candidate à ses partisans, ajoutant
dans un sourire satisfait « J'ai passé quatre heures et demie à côté de Donald Trump, prouvant une fois pour toutes que j'avais l'endurance requise pour être présidente ! »