Infertilité masculine : bacon et viande industrielle sont à déconseiller

Pour optimiser leurs chances de conception d’un enfant, les hommes désireux d’être pères doivent rester vigilants sur leur alimentation. Il semble en effet que le bacon et d’autres viandes industrielles diminuent le nombre de spermatozoïdes normaux, facteur important de fertilité.
Le bacon, morceau de graisse du dos ou du ventre du porc, ainsi que d'autres viandes produites en usine, seraient nocifs pour la qualité du sperme des hommes d'après une étude. Mais on ignore exactement de quelle façon ces viandes altèrent la quantité de spermatozoïdes bien formés. © Kimtaro, Flickr, cc by 2.0










Des chercheurs de l'université Harvard avancent que la consommation de bacon, de viandes industrielles et autres charcuteries est associée à une moindre qualité de sperme chez l'homme. Ces spécialistes ont présenté leurs résultats il y a quelques jours, à l'occasion d'une conférence de l'American Society for Reproductive Medicine, à Boston.Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont analysé des échantillons de sperme provenant de 156 volontaires qui avaient aussi fourni les détails de leur alimentation. Après avoir ajusté leurs résultats avec différents facteurs, comme l'âge et l'IMC (indice de masse corporelle) de chacun, l'équipe a trouvé une association négative entre les viandes sortant d'usine, comme les hotdogs et le bacon, et la qualité du sperme.

Les viandes industrielles diminuent le nombre de spermatozoïdes bien formés, et donc potentiellement capables de féconder l'ovule. © University of Utah, Andrology Microscopy Lab, Nasa


Des spermatozoïdes qui n’ont pas la forme avec le bacon

De plus, le fait d'en consommer plus d'une portion et demie par jour a un impact significatif et réduit le nombre de spermatozoïdes de forme normale, ont noté les scientifiques. Par contre, cette étude ne s'est pas intéressée à la motilité des spermatozoïdes – mesure de leurs mouvementscaractéristiques – ni à leur concentration, qui sont d'autres données importantes de lafécondité masculine.En revanche, il en ressort que la consommation de poissons à la chair blanche, tels que le cabillaud et le flétan, ont un effet positif sur la santé des spermatozoïdes. À noter enfin que la caféine et l'alcool ne semblent pas avoir d'effets apparents sur la fertilité, toujours selon les résultats des chercheurs de Harvard.Des recherches précédentes avaient montré que les sous-vêtements trop serrés pouvaient ralentir la production des spermatozoïdes en accroissant la température des testicules, et qu'a contrario, l'absence de dessous était bénéfique.



Vers un remède contre la calvitie ?

Des scientifiques américains ont mis au point une nouvelle technique pour faire pousser des cheveuxin vitro. Leur découverte pourrait conduire à la mise en place de traitements efficaces contre la calvitie.
La calvitie, ou alopécie, correspond à la perte accélérée des cheveux. Nous avons entre 100.000 et 150.000 cheveux et il est normal d'en perdre 40 à 100 par jour. Si le nombre de cheveux perdus est plus important, cela peut être le début de la calvitie. Avec les progrès de la recherche, l'espoir d'un traitement fait son chemin. © jaci XIII, Flickr, cc by sa 2.0










Dans notre société actuelle qui accorde une place prépondérante à l’image, il est difficile d’accepter sereinement les ravages du temps. La calvitie par exemple est souvent perçue comme unvieillissement précoce, et peut être très mal vécue. Les cheveux suivent un cycle immuable : ils poussent, se reposent un moment, puis finissent par mourir et tombent. Chez certaines personnes, cela se produit plus rapidement que chez d’autres. Petit à petit, les cheveux ne se régénèrent plus, et disparaissent précocement du crâne.Malheureusement, mis à part certains traitements hormonaux qui ralentissent la chute des cheveux, il n’existe aucune recette miracle pour les faire repousser. La greffe est possible, mais elle est très chère et loin d’être optimale : les cheveux sont récoltés à l’arrière de la tête puis sont réimplantés au niveau de régions plus clairsemées. La procédure est longue et n'ajoute pas de cheveux : ils sont juste disposés différemment pour donner l’illusion d’une chevelure plus uniforme.Une équipe de l’université Columbia à New York vient de faire un pas en avant dans la recherche sur ce sujet. Lors de ses travaux, publiés dans la revue Pnas, elle a mis au point une méthode pour faire pousser de nouveaux cheveux in vitro. Cette découverte pourrait conduire à la mise en place de traitements efficaces contre la chute de cheveux.

Dans cette étude, les chercheurs ont trouvé le moyen de faire pousser un cheveu in vitro. Au lieu de cultiver les cellules du derme dans des boîtes en monocouche (image de gauche), ils les ont fait grandir en agrégats dans une goutte suspendue (image de droite). © Angela Christiano, Université Columbia


Un petit rien peut parfois conduire à de grandes découvertes

La directrice du laboratoire, Angela Christiano, s’est tout d’abord intéressée à la calvitie pour des raisons personnelles. Elle est en effet atteinte d’une maladie héréditaire, appelée alopecia areata, qui se caractérise par la perte de cheveux à l’arrière de la tête. Elle a d’ailleurs été à l’origine de la découverte de gènes impliqués dans le développement de cette pathologie.Dans cette nouvelle étude, son équipe a travaillé en collaboration avec des scientifiques de l’université de Durham au Royaume-Uni. Ils se sont intéressés aux papilles dermiques, des groupes de cellules qui nourrissent les follicules des poils et des cheveux. Depuis 40 ans, les chercheurs savent cultiver ces papilles pour faire pousser de nouveaux poils chez la souris. En revanche, chez l’Homme, cette opération n’a jusqu’ici jamais permis de donner naissance à des cheveux. Les scientifiques viennent de découvrir les raisons de cet échec.En regardant de près les cultures cellulaires, ils ont remarqué une différence importante entre les deux types de cellules : celles des souris grandissent sous forme d’agrégats, alors que les humaines n’en forment pas. Et si les agrégats étaient cruciaux pour la naissance d’un cheveu ? Pour répondre à cette question, les scientifiques ont élaboré une toute nouvelle stratégie de culture. Au lieu de faire grandir les cellules sur une boîte en monocouche, ils ont tourné la boîte de sorte que desgouttes de milieu restent fixées à la paroi. « Les gouttes ne sont pas assez lourdes pour tomber et restent suspendues, expliquent les chercheurs, elles contiennent environ 3.000 cellules qui poussent sous forme d’agrégats. »

Dans une étude précédente, des chercheurs avaient déjà fait pousser quelques cheveux sur la tête de souris sans poils. © Tokyo University of Science, T. Tsiuji


Un petit cheveu qui pousse

Cette technique a fait la différence ! Les chercheurs ont récupéré des papilles dermiques de sept hommes différents, sur le point de réaliser une transplantation capillaire. Ils les ont cultivées dans des gouttes suspendues, puis les ont injectées dans des fragments de peau humaine greffés sur une souris. Dans cinq cas, l’opération a réussi et des cheveux humains ont commencé à pousser. « Pour le moment, le cheveu est petit et de nombreuses études sont encore nécessaires », conclut la chercheuse.En réalité, cette étude n’est pas la première du genre. Des chercheurs de la Tokyo University of Science étaient déjà parvenus à faire pousser différents types de cheveux sur la tête de souris dépourvues de poils, à partir de cellules souches. C’était il y a plus d’un an et il n’y a pas eu de nouvelles depuis. Espérons que ces découvertes permettront un jour la mise en place d’un traitement contre la calvitie, mais il y a fort à parier que plusieurs obstacles scientifiques devront être franchis avant d’y parvenir.




Une cure de sommeil contre Alzheimer ?

Une nouvelle étude fait le lien entre le sommeil et la formation de plaques séniles, des structures présentes en quantité abondante dans le cerveau de personnes souffrant d’Alzheimer. Ces résultats pourraient conduire à des thérapies visant à améliorer la qualité des nuits pour limiter le développement de la maladie.




L’Homme passe en moyenne un tiers de sa vie à dormir. Le sommeil est indispensable à la santé et pourrait même limiter le risque de développer la maladie d’Alzheimer. © adwriter, Flickr, cc by nc 2.0









La maladie d’Alzheimer est une forme de démence qui s’accompagne d’un déclin progressif des fonctions cognitives. Les personnes touchées perdent peu à peu la mémoire et ont des difficultés d’apprentissage. Elles ne sont plus capables d’affronter la vie quotidienne et ont généralement besoin d’une assistance médicale. Selon l’Inserm, 860.000 Français étaient touchés par cettepathologie en 2010. Ce chiffre ne cesse d’augmenter et devrait atteindre les deux millions en 2020.

Le vieillissement de la population fait de la maladie d’Alzheimer une priorité de santé publique dans tous les pays développés. Selon le CépiDC (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès), la maladie d’Alzheimer et les autres démences (MAAD) seraient la quatrième cause de décès en France. © Travishenderson, Flickr, cc by nc sa 2.0
La première description de la maladie fut réalisée en 1906 par le médecin allemand Aloïs Alzheimer qui observa des plaques suspectes dans le cerveau d’une de ses patientes décédées. Ces structures ont ensuite été appelées plaques séniles, ou amyloïdes, car elles découlent de l’accumulation d’uneprotéine, la bêta-amyloïde, entre les neurones. Ces amas apparaissent naturellement avec le vieillissement, mais s’agglutinent en beaucoup plus forte quantité chez les patients atteints d’Alzheimer. L’origine de cet entassement accéléré des bêta-amyloïdes reste cependant mystérieuse et fait l’objet de nombreuses recherches.Qui dort bien protège son cerveau

Des chercheurs de l’université Johns-Hopkins à Baltimore viennent de progresser sur ce sujet. En épluchant un corpus d’informations, ils se sont rendu compte que les personnes atteintes d’Alzheimer dormaient généralement moins longtemps et moins bien que les autres. Ils se sont alors interrogés sur le lien entre le sommeil et le développement des plaques séniles. Ils avaient vu juste : leur étude, publiée dans la revue Jama Neurology, confirme cette association.Pour cette étude, les scientifiques ont sélectionné 70 candidats en bonne santé et âgés en moyenne de 76 ans. Dans un premier temps, ils les ont questionnés sur leurs habitudes concernant le sommeil : temps d’endormissement, nombre de réveils nocturnes, difficulté à trouver le sommeil, réveil anticipé, etc. À partir de plusieurs technologies d’imagerie médicale, ils ont ensuite observé la répartition et la quantité de plaques amyloïdes dans leur cerveau.Une thérapie par le sommeil ?

En compilant ces données, les auteurs ont montré un lien entre l’accumulation de plaques séniles, la durée et la qualité des nuits. Cependant, le nombre de réveils nocturnes ne semble pas influencer la formation de ces amas dans le cerveau. Ces résultats vont dans le même sens qu’une étude récente montrant que le cerveau se débarrassait de ses détritus et toxines à un débit élevé durant l’endormissement. Ces chercheurs avaient en particulier montré que les bêta-amyloïdes étaient éliminées deux fois plus rapidement pendant le sommeil, chez des souris.L’ensemble de ces résultats renforce l’idée qu’il est important de ménager son sommeil pour conserver un bon équilibre de vie. Et la maladie d’Alzheimer n’est pas l’unique raison. Des travaux ont également montré un lien entre un manque de sommeil et d’autres maladies comme le diabète, les problèmes cardiovasculaires, l’obésité, les troubles dépressifs et la maladie de Parkinson. Dormir favoriserait également la production de myéline dans le cerveau et pourrait diminuer la progression de la sclérose en plaques. « On pourrait développer des thérapies pour améliorer le sommeil et diminuer le risque de la maladie d’Alzheimer, et d’autres pathologies associées au manque de sommeil », conclut Adam Spira, principal auteur de l’étude.