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Re : Sante
Manger plus pour moins grossir ? Le rôle des protéines dans la perte de poids
Alors que les protéines permettent de satisfaire la faim, la tendance est à en réduire l'apport dans notre alimentation.

Atlantico : Une récente étude publiée par la revue Nature (voir ici) établit un lien entre l'obésité et la baisse de consommation de protéines. Mange-t-on moins de protéines aujourd'hui qu'auparavant ? Quelles en sont les conséquences ?
Patrick Tounian : On mange moins de protéines qu'auparavant mais nous en mangeons toujours plus que ce dont nous avons réellement besoin. En termes qualitatif, les acides aminés indispensables ne sont pas compris dans tous les aliments. Les végétaux manquent de certains acides aminés indispensables, c'est-à-dire que l'homme ne peut pas fabriquer. Les protéines les plus équilibrées sont les protéines animales (viande, œuf) alors que les protéines végétale sont incorrectement équilibrés.
Par exemple, les céréales comme le couscous manquent d'un acide aminé indispensable et les légumes secs d'un autre acide aminé indispensable. Néanmoins, en les combinant, on peut arriver arrive à faire un plat dont les protéines sont correctement équilibrées.
La tendance à diminuer les quantités de protéines prend avant tout la forme d'une diminution de la quantité de viande. Ainsi, en voulant diminuer les protéines, on diminue la viande mais en réalité ce faisant nous diminuons avant tout le fer. Il y a 10 à 20 % des enfants et des femmes qui sont carencés en fer en France. Et ce, parce qu'ils ne mangent surement pas suffisamment de viande.
Que penser de l'étude publiée dans la revue Nature qui estime qu'une alimentation appauvrie en protéines, ou tout du moins dans laquelle les protéines sont diluées, ne permet de satisfaire notre appétit et nous conduirait à manger davantage de graisse par exemple ?
Simplement, la baisse de la consommation de protéines, l'augmentation de la consommation de lipide, et l'augmentation de l'obésité sont des phénomènes parallèles. Le lien ne peut être établi directement. Dans la grande majorité des cas, l'obésité est en partie liée à des facteurs génétiques. L'environnement joue bien évidemment lui aussi son rôle. En France, nous avons accès à une nourriture riche. Néanmoins, le poids se régule. Les gens ne réfléchissent pas constamment à ce qu'ils mangent, la majorité d'entre-nous possède une capacité à s'autoréguler.
Lorsque cette régulation n'est pas spontanée, il s'agit de faire un effort cognitif pour réguler son poids, pour s'obliger à manger moins. On peut alors s'aider d'un régime hyper-protéiné afin de surmonter le sentiment de faim.
Que pensez des régimes hyper-protéinés, que d'aucuns ont décrié récemment ?
Dans le cadre d'un régime hyper-protéiné, le sujet aura l'impression de manger beaucoup car rapidement sa faim sera satisfaite. Cela aide à supporter la restriction et permet d'éviter de manger des aliments à fort rendement caloriques.
Ces régimes sont redoutablement efficaces mais ils sont difficiles à tenir à long terme. Le problème est essentiellement social. A très long terme, d'aucuns ont évoqué des risque rénaux, des risques de carences. Mais cela est rare car ce type de régimes est riche en laitage, viande et poisson. Les légumes sont d'ailleurs parfaitement autorisés, le but est de restreindre les calories. Ce qu'il faut supprimer, ce sont le sucre et les graisses.
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