A LA UNE/ACTUALITE_Crise migratoire en Europe
18 Octobre 2015
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Ankara juge
«inacceptable» l’offre financière de Bruxelles
La politique de coopération envisagée par l’Union européenne (UE) avec la Turquie pour gérer
le flux migratoire est loin d’être appréciée par Ankara.
Hier, le ministre turc des Affaires étrangères, Feridun Sinirlioglu, a indiqué que le plan d’action entre l’UE et la Turquie pour endiguer le flux des migrants sur son sol n’est qu’un «projet» et son financement proposé par Bruxelles «inacceptable». Pour le chef de la diplomatie turque, il est «hors de question» pour son pays d’accepter l’offre budgétaire de Bruxelles. «L’UE nous a proposé une enveloppe financière, nous lui avons dit qu’elle était inacceptable», a déclaré F. Sinirlioglu, cité par l’AFP.
Il a relevé que la Turquie a besoin d’au moins 3 milliards d’euros pour la première année. «Si l’UE décide de partager ce fardeau financier, ce ne sera pas sans allouer un montant suffisant à la Turquie» et «ce ne sera pas avec le montant insignifiant et inadéquat qu’ils nous ont déjà proposé dans le passé», a ajouté le ministre.
Et de poursuivre : «La Turquie n’est pas un pays dont on doit se souvenir uniquement en période de crise ou avec lequel on ne doit coopérer que pour des raisons tactiques (…).
Ce n’est pas définitif (...) C’est un projet sur lequel nous travaillons.» La Commission européenne a annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, avoir conclu un «plan d’action commun» avec la Turquie, à l’issue d’un sommet des chefs d’Etat de l’UE.
Selon Bruxelles, ce plan prévoit la relance des discussions sur la candidature de la Turquie à l’UE, un accès facilité aux visas pour les citoyens turcs et une aide financière. En échange, Ankara s’est engagée à accueillir davantage de réfugiés et à renforcer la surveillance de ses frontières, a précisé la Commission.
La Turquie accueille officiellement sur son territoire 2,5 millions de réfugiés, dont 2,2 de Syriens qui ont fui la guerre civile qui fait rage dans leur pays depuis 2011. Dans la matinée d’hier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que son pays a déjà dépensé 8 milliards de dollars (environ 7 milliards d’euros).
Et de constater : «Nous supportons tout le coût financier.»
Outre la Turquie, d’autres pays voisins de la Syrie sont touchés par la crise migratoire. Ainsi, plus de 1,2 million de Syriens ont trouvé refuge au Liban, alors que la population de ce pays est de 4 millions. Ils sont 600 000 en Jordanie, selon le HCR (1,4 million, selon le gouvernement jordanien), soit 20% de la population du royaume.
Par ailleurs, la Hongrie a décidé de fermer sa frontière avec la Croatie aux migrants à minuit, un mois après en avoir fait autant avec sa frontière serbe, a annoncé hier le ministre des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, au lendemain de l’achèvement d’une nouvelle clôture anti-migrants.
613 000 réfugiés déjà arrivés
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé, hier, que 613 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe en passant par la Méditerranée en 2015 et plus de 3100 sont décédés ou portés disparus. 34 720 personnes ont rejoint la Grèce et quelque 137 000 autres l’Italie. D’après le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), la majorité de ceux qui arrivent sont des Syriens. En Grèce, les Syriens représentent 69% des arrivants.
D’après un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, octobre a été plus calme que le mois de septembre, sauf ces deux derniers jours, avec l’arrivée en Grèce de 70 à 80 bateaux par jour. Mercredi dernier, 85 bateaux sont ainsi arrivés sur l’île grecque de Lesbos, première étape en Europe pour une grande partie des migrants venant de Turquie.
«Cette hausse (...) pourrait être le résultat d’une amélioration temporaire de la météo, d’une ruée avant l’hiver, ou être liée à la crainte que les frontières européennes soient bientôt fermées», a observé A. Edwards à Genève.
L’arrivée de milliers de réfugiés et migrants sur l’île de Lesbos n’est pas sans créer de tension. «Le personnel du HCR a dû être évacué brièvement d’un centre d’enregistrement lorsque des violences ont éclaté dans un site bondé sur l’île», a relevé le porte-parole de l’agence onusienne.
Selon le HCR, «à présent, il y a 3500 à 4000 personnes sur la côte nord de l’île», mais «les transferts en bus ont été arrêtés car les centres de réception sont surpeuplés».
De son côté, un porte-parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), Christophe Boulierac, a déclaré que la pluie et le froid sont les principaux défis pour les migrants et réfugiés, notamment à leur arrivée dans les Balkans.
En septembre, 4000 à 6000 personnes sont entrées en Grèce chaque jour, selon l’Unicef, avec un pic de 9000 le 9 octobre. Il est estimé nécessaire d’établir une «base de données plus solide» sur les enfants qui arrivent actuellement en Europe. M. Boulierac a, par ailleurs, relevé qu’«une mission de l’Unicef en Allemagne a reçu des rapports faisant état de plusieurs incidents, violences et abus liés au sexe dans les centres d’accueil et abris temporaires». Des abus qui seraient «commis essentiellement» par les migrants eux-mêmes.
Amnay idir



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