A LA UNE/ACTUALITÉ_Crise Migratoire en Europe.
Par Jean-Jacques Mevel Mis à jour le 17/03/2016 à 00:08
Publié le 17/03/2016 à 00:07
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L'Union européenne et la Turquie décidées à stopper sans délai l'exode en mer Égée
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Le compromis entre les Vingt-Huit et Ankara, consulté par Le Figaro, prévoit de renvoyer
en Turquie tout migrant, même Syrien, entré illégalement en Europe. Le texte dresse
également la liste des compensations accordées aux Turcs.
Correspondant à Bruxelles,
Au bout d'un an de chaos à travers la mer Égée, l'Europe et la Turquie sont au tournant
elles ont décidé mercredi «de mettre fin à la migration irrégulière» entre la côte anatolienne
et les îles grecques, d'après le projet de déclaration qui sera soumis d'ici vendredi
à l'approbation des Vingt-Huit, puis du premier ministre turc lors d'un double sommet à Bruxelles.
«Tout migrant nouvellement arrivé de Turquie dans les îles grecques sera renvoyé en Turquie»,
précise la déclaration consultée par Le Figaro. Entre les lignes, elle confirme que ces expulsions
dans l'urgence viseront aussi les réfugiés de guerre syriens, jusqu'ici assurés de pouvoir demander
une protection internationale dès qu'ils posent le pied en Europe.
Le renvoi s'appliquera en particulier à tous ceux «dont la demande d'asile est (...) irrecevable»,
une qualification juridique qui s'attache précisément aux Syriens qui ont transité par la Turquie,
sans s'y arrêter. Plus d'un demi-million d'entre eux l'ont fait depuis le début de 2015,
avant ce qui s'annonce comme un coup d'arrêt.
Priorité aux migrants entrés légalement en Europe
La déclaration négociée à Bruxelles confirme que pour chaque Syrien refoulé de Grèce, un autre
serait sorti des camps turcs en vue d'un accueil direct en Europe, par des pays volontaires.
C'est la formule dite «1 pour 1». Pour la première fois, le texte fixe un ordre de grandeur à
ces «réinstallations», sous forme de plafonds indicatifs: 18.000 dans
un premier temps, 72.000 au total dans un second.
Pour cette émigration légale, «priorité sera donnée aux migrants qui n'ont pas déjà pénétré
ou tenté d'enter en Europe irrégulièrement» poursuivent les auteurs. En clair, les Syriens refoulés
des îles grecques se retrouveront au bas de la liste. Le but est de décourager les passages
en mer Égée, de priver les passeurs de leurs «clients» et de soulager la Grèce. S'y substituerait
une organisation solide, prévisible et cogérée avec Ankara, le HCR et le pays de destination finale.
Fin des visas pour les Turcs d'ici trois mois
Le texte, pour finir, dresse la liste des bénéfices que la Turquie peut escompter en échange de
sa signature. L'obligation de visas pour les Turcs qui se rendent en Europe serait levée
«au plus tard fin juin 2016», sous réserve de vérification par Bruxelles qu'Ankara respecte tous
les critères nécessaires. La commission européenne en ferait la proposition dès avril, avant feu vert
définitif des vingt-huit capitales et du parlement européen.
Sur le chapitre sensible du «processus» d'adhésion de la Turquie à l'UE, la déclaration garde
une prudence toute diplomatique: l'UE, dit le texte, «préparera dès que possible une décision sur
l'ouverture de nouveaux chapitres» dans la négociation. Aucun sujet n'est précisé, aucun calendrier
n'est arrêté. Pour finir et sous réserve de résultats rapides et probants, Ankara se voit promettre
une nouvelle assistance financière «dans la limite de 3 milliards d'euros jusqu'à la fin 2018».



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