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    Post L’endettement extérieur «inévitable»

    A la une/Actualité_Le FMI contredit l’optimisme du gouvernement
    le 15.03.16 | 10h00


    L’endettement extérieur «inévitable»

    La délégation du FMI estime que le taux de change du dinar doit être
    aligné sur un niveau proche des fondamentaux de l’économie algérienne.

    Le conseiller au département Moyen-Orient et Asie centrale auprès du FMI, Jean-François Dauphin.jpg


    Le retour de l’Algérie à l’endettement extérieur est «inévitable et même souhaitable»,
    a soutenu hier le représentant du département Moyen-Orient et Asie centrale du
    Fonds monétaire international (FMI), Jean-François Dauphin, lors d’une conférence
    de presse à Alger. A la tête d’une délégation du FMI, qui a séjourné en Algérie
    du 1er au 15 mars, dans le cadre des consultations annuelles du Fonds avec
    ses membres, M. Dauphin a ainsi clairement mis en avant à la fois la fatalité
    et l’opportunité pour l’Algérie de solliciter, à terme, des financements extérieurs.
    «Au vu de la diminution rapide de l’épargne budgétaire, l’Algérie devra faire davantage
    appel à l’endettement pour financer les déficits à l’avenir», a préconisé en ce sens
    le chef de la mission du FMI.
    Saluant de prime abord les efforts consentis à travers la loi
    de finances 2016 en matière de «rationalisation des dépenses» et de «réforme des subventions»,
    la mission du FMI n’a pas manqué d’appeler l’Algérie à poursuivre l’assainissement budgétaire,
    tout en mettant en place «des réformes structurelles de grande ampleur» pour faire face à
    la chute de ses revenus pétroliers. Pour les experts de l’institution de Bretton Woods,
    la chute de grande ampleur des cours du pétrole risque d’être «durable», ce pourquoi,
    estiment-ils, «l’opportunité de refonder le modèle de croissance algérien doit être saisie
    dès maintenant, avant qu’un ajustement plus rapide ne devienne inévitable».

    Jusqu’à présent, soulignent-ils, «l’impact du choc des prix du pétrole sur la croissance a
    été limité», mais «les soldes budgétaire et extérieur se sont considérablement détériorés»,
    le déficit du budget ayant «presque doublé à 16% du PIB» au terme de l’exercice écoulé.
    Aussi, la mission du FMI soutient que les marges budgétaires et extérieures «accumulées par
    le passé» offrent encore la possibilité d’amortir les effets des ajustements et des réformes
    structurelles que l’Algérie est désormais obligée de mener.

    Dans ce même ordre d’idées, le chef de la délégation du Fonds estime que le recours aux
    financements internes à travers le lancement d’un emprunt obligataire souverain n’est pas
    suffisant et risque même d’induire un effet d’éviction pour l’investissement des entreprises,
    même si, a-t-il admis, «il peut participer au financement des déficits et au développement du
    marché des capitaux».
    Selon lui, pour faire face à la conjoncture présente, il faut utiliser
    les trois palettes de financement qui s’offrent actuellement à l’Algérie, à savoir les instruments
    de financement internes ; le retour à l’endettement externe, d’autant que le niveau de
    la dette reste très faible ; enfin, la cession d’actifs publics, c’est-à-dire le lancement d’opérations
    de privatisations partielles ou complètes.

    Dans le même contexte, l’institution financière internationale conclut, dans le cadre de sa mission
    de consultation avec l’Algérie au titre de l’article IV de ses statuts, «que de vaste
    réformes structurelles s’imposent désormais pour soutenir l’activité
    et diversifier l’économie algérienne»,dont notamment l’amélioration du climat des affaires
    et de l’accès au financement, l’assouplissement de la règle dite des 51/49%, une plus grande
    souplesse du marché du travail et une plus forte ouverture aux échanges internationaux.

    A ce propos, le représentant du FMI n’a pas manqué de critiquer les nouvelles
    restrictions imposées par l’Algérie sur les importations, estimant qu’ils sont de nature
    à provoquer «des distorsions» alors qu’elles n’apportent qu’une solution provisoire
    et «ne sauraient se substituer aux vraies réformes destinées à doper les exportations».

    Au demeurant, plaide-t-il, il faut aligner la valeur du dinar sur les fondamentaux de
    l’économie algérienne et poursuivre la réforme du système des subventions pour
    le rendre plus ciblé tout en protégeant les ménages les plus pauvres.
    «Les subventions sont souvent onéreuses et parfois antisociales, car elles profitent moins
    aux ménages pauvres qu’aux ménages riches qui consomment toujours
    davantage», note en définitive le représentant du FMI.

    Akli Rezouali




    Dernière modification par zadhand ; 15/03/2016 à 10h50.
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