Taïwan: des explosions dues au gaz font 25 morts et près de 270 blessés
Route éventrée le 1er août 2014 à Taiwan après des explosions dues au gaz
Des explosions dues au gaz ont fait 25 morts et près de 270 blessés jeudi à Kaohsiung, une ville portuaire du sud de Taïwan, éventrant les routes dans un déluge de feu qui continuait partiellement de sévir vendredi.
Ces explosions, dont le bilan encore provisoire devrait s'alourdir, ont vraisemblablement été occasionnées par des fuites de gaz signalées dans la soirée par plusieurs résidents du quartier de Cianjen.
Les explosions ont fait au moins 25 morts et 267 blessés, selon le dernier bilan de l'Agence nationale de lutte contre les incendies, qui a ajouté que les blessés étaient transportés d'urgence dans plusieurs hôpitaux de la ville, le plus souvent pour des brûlures.
Un précédent bilan faisait état de 24 morts et 270 blessés.
Des images spectaculaires, filmées par des caméras fixées sur les pare-brises de voitures, montrent les gerbes de feu jaillissant de la terre, puis les manoeuvres des automobilistes tentant de ne pas tomber dans les cratères creusées par les explosions.
"Je suis mort de peur", dit l'un d'eux sur une vidéo. "C'est comme un bombardement, partons d'ici".
Certains habitants, habitués aux séismes, ont rapporté avoir cru à une nouvelle secousse. Une rue a été éventrée par les déflagrations qui ont creusé un profond sillon dans lequel sont tombés voitures et véhicules de secours, a constaté l'AFP.
"J'ai vu des flammes monter peut-être à la hauteur d'un bâtiment de 20 étages après une explosion et des camions de pompier et des voitures ont été projetés. Il y avait une dizaine de corps dans la rue", a raconté un témoin, Johnson Liu, à l'AFP.
Les premières victimes ont été évacuées par des habitants sur des brancards de fortune avant l'arrivée des ambulances et des pompiers. Quatre hommes du feu ont été tués et 22 blessés, selon les autorités.
"Les explosions résonnaient comme le tonnerre, la rue devant mon magasin s'est fendue sous mes yeux. C'était comme un tremblement de terre", a dit un autre témoin à l'agence de presse taïwanaise.
"Une forte odeur de gaz" -
Selon le ministre des Affaires économiques, Chang Chia-chu, les causes de la fuite de gaz n'étaient pas encore connues, mais ce gaz était vraisemblablement du propène (ou propylène).
"Les pompiers locaux ont reçu des appels à propos de fuites de gaz tard jeudi soir et ensuite il y a eu des explosions aux alentours de minuit dans un périmètre de deux ou trois kilomètres carrés", a précisé le service de lutte contre les incendies dans un communiqué.
Dans un premier temps les autorités avaient parlé de l'explosion d'un gazoduc.
"J'ai senti une forte odeur de gaz et (...) ensuite j'ai entendu des explosions et j'ai vu des flammes surgir d'un magasin", a confié une habitante, identifiée sous le nom de Peng. "Ma maison a tremblé comme lors d'un séisme et l'électricité a été coupée", a-t-elle dit, citée par l'agence de presse.
La plupart des foyers d'incendie étaient éteints vendredi matin, selon un responsable de la municipalité.
Plus de 1.100 habitants du quartier dévasté ont trouvé refuge dans des écoles rouvertes dans la nuit, tandis que l'armée a mobilisé 1.400 hommes pour participer aux secours et aux efforts de déblaiement.
En 1997, une explosion de gaz avait fait cinq morts et 20 blessés dans la même ville de Kaohsiung lorsque des employés de la compagnie publique Chinese Petroleum Corp. exhumait une canalisation sur un chantier routier.
Ces nouvelles explosions meurtrières interviennent à peine une semaine après l'accident d'un appareil de TransAsia Airways à Taïwan qui a fait 48 morts.
Chine: un imam assassiné dans le Xinjiang
par RFI
L'imam Tahir devant la mosquée de Kashgar, dans une vidéo datant du 3 août 2011.
Dans l’extrême ouest de la Chine, dans le Xinjiang - région habitée par une forte communauté musulmane ouïghour - la semaine fut sanglante. Lundi, des affrontements auraient fait plusieurs dizaines de morts. Ce vendredi 1er août, les médias officiels rapportent que l’imam de la plus grande mosquée du pays a été assassiné à Kashgar par des extrémistes musulmans. Dans une région totalement verrouillée par les autorités, l’information reste difficile à vérifier.
Trois hommes auraient sauvagement assassiné l’imam Tahir, juste après la prière du matin du mercredi 30 juillet. Le quotidien Global Times précise que deux suspects ont été abattus, après avoir résisté à leur arrestation en brandissant des couteaux et des haches. Un troisième homme aurait été capturé vivant.
Jume Tahir était une figure controversée : « Patriote religieux » pour les Ouïghours proches du pouvoir, « collaborateur qui propageait les politiques répressives de Pékin » pour le Congrès mondial ouïghour, qui défend les droits de cette minorité turcophone.
Les Ouïghours accusés
L’imam avait souvent condamné les violences commises par des Ouïghours radicaux. Même si aucune revendication n’a été formulée, il n’y a pas de doute pour l’agence de presse officielle Chine nouvelle : ce sont ces mêmes radicaux, « des terroristes soutenus par des forces religieuses extrémistes », qui ont commis le crime.
Après l'attaque « terrroriste » aux coûteaux du lundi 28 juillet, l'assassinat de l’imam Tahir risque de fournir le prétexte aux autorités pékinoises pour intensifier une campagne antiterroriste qui se traduit par des condamnations en masse.
Cambodge: de hauts dirigeants khmers rouges jugés pour génocide
par RFI
Les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), à Phnom Penh, le 30 juillet 2014.
Au Cambodge, le tribunal Khmer rouge poursuit son travail avec la mise en route d’un troisième procès, dont l’audience initiale s’est déroulée ce mercredi 30 juillet. Les accusés ne changent pas de ceux du deuxième procès, suite à une décision de découper en plusieurs segments la procédure. Elle est conduite contre les anciens dirigeants encore en vie : l’ancien idéologue du régime de Pol Pot, Nuon Chea, et son ancien chef de l’Etat, Khieu Samphan.
Les deux anciens compagnons de Pol Pot devront cette fois-ci répondre de génocide. C’est la première fois que ce chef d’inculpation est examiné devant la juridiction parrainée par les Nations unies. Mais le génocide ne s’appliquera qu’à l’extermination des minorités cham, musulmane, et vietnamienne.
Dans la salle d’audience, ils sont nombreux à avoir effectué plus de cinq heures de bus pour découvrir le tribunal.
C’est le cas de ce vieil homme, originaire de la province de Pursat : « J’étais curieux de venir voir l’endroit où on juge les Khmers rouges. C’est important pour moi, car j’ai perdu beaucoup de proches sous ce régime et je veux obtenir justice. »
L’incompréhension du public
L’homme dit avoir appris que le génocide figure parmi les chefs d’inculpation, affirmant, sûr de lui, savoir de quoi il retourne : « Je connais ce mot. Cela veut dire, ici, que les Khmers rouges ont voulu tuer tous les Khmers ! »
Même certitude chez cette paysanne, qui se montre déconcertée quand on lui apprend que le génocide des Khmers n’est pas à pris en compte : « Ce n’est pas juste. J’ai vécu cette période, je sais ce qu’il s’est passé. J’ai vu des Khmers être tués : on les attachait, on les frappait ! J’étais assez grande alors pour m’en souvenir. »
Un verdict incertain
Au-delà de cette incompréhension sur la question du génocide, ce nouveau procès se distingue du précédent par une meilleure représentativité des crimes commis par les Khmers rouges. Parmi les charges retenues, les crimes contre l‘humanité, incluant notamment les mariages forcés, les viols, ou encore la persécution des bonzes.
Sur les quatre anciens hiérarques arrêtés, il n’en reste aujourd’hui plus que deux jugés, ce qui fait craindre que ces derniers, des octogénaires à la santé fragile, ne meurent avant que le moindre verdict ne soit prononcé.





Répondre avec citation