Tension entre Rabat et Washington. Le Maroc
convoque l’ambassadeur américain. Et il le convoque
où ?Au siège de l’ambassade de France ? La guerre aux dos-d’âne est donc déclarée ! Chaque Algérien voudrait le sien de dos-d’âne. Plus de 40 millions de dos-d’âne, c’est vrai que ça ne pouvait plus durer. Mais comment faire face à l’armée rampante des dos-d’âne ? Doit-on la combattre comme on a combattu les tangos, autres cousins proches des ânes ? Comme toutes les colles algériennes, deux camps s’affrontent. S’affrontent pacifiquement, s’entend ! Ceux qui prônent la ligne dure. En gros, pas de salut en dehors de l’éradication totale des dos-d’âne ne portant pas l’uniforme officiel. Et ceux qui préconisent plutôt une approche empreinte de Rahma, suggèrent une politique de Réconciliation nationale avec les dos-d’âne qui veulent rentrer dans le rang autoroutier. Les deux options présentent avantages et inconvénients. Cet espace étant le sanctuaire par excellence des inconvénients, des problèmes et de tout ce qui ne va pas, intéressons-nous donc prioritairement aux tares de chacune des options. Si tu éradiques brutalement les dos-d’âne, sans possibilité de dialogue, tu risques d’aller à l’affrontement, à l’émeute. Le dos-d’âne n’est pas venu là, tout seul, se mettre en travers de la route. Il a un propriétaire. Voire plusieurs. Voire des milliers s’il est l’enfant naturel d’une truelle, d’un sac de ciment et d’une cité vachement habitée, excessivement remplie. Même chose pour l’option Réconciliation et Rahma avec tous les dos-d’âne du pays. La Rahma impliquera-t-elle leur réinsertion dans le monde actif ? Auquel cas, tout ce tintouin n’aura servi à rien, puisqu’on tolérera à nouveau le dos-d’âne. Et puis, qui indemniser en cas de destruction intempestive de dos-d’âne ? Si un dos-d’âne est cassé, éradiqué par un maire facile à la gâchette, rapide au bulldozer, nostalgique de l’époque des DEC et n’ayant pas été mis au courant qu’un repenti était préposé aux dos-d’âne revenu sur le droit chemin, après des années noires de tragédie nationale sur nos routes, qui recevra la pension de réversion du défunt dos-d’âne écrasé par erreur ? Et plus important encore, si nous optons finalement pour le Dialogue, la Réconciliation nationale et l’Amnistie des dos-d’âne, faudra-t-il alors fixer un délai officiel, une date-butoir au-delà de laquelle tout dos-d’âne qui n’aura pas exprimé clairement son vœu de rejoindre la communauté nationale sera éliminé sans sommation ? ça fait beaucoup de questions, je vous l’accorde. Mais j’m’en fous un peu, j’ai tout mon temps vu que je suis coincé dans un bouchon. Causé par un dos-d’âne ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. |