Sellal a exhorté les Algériens de l’étranger à investir et à
s’investir en Algérie. Un appel aussitôt entendu. Ils lui ont
envoyé un chèque de ……51 centimes d’euros ! Oui, oui !, je sais ! Le terme «parkingueurs» n’existe pas. Mais c’est le seul, assez parlant, que j’ai trouvé pour désigner nos chers frères saoudiens. Des frères en religion qui, paraît-il, pour effacer la brouille et l’amas de brouillard qui se sont amoncelés au-dessus de nos deux capitales ces derniers mois, sont allés — suprême sacrifice pour ce grand frère si puissant — jusqu’à changer leur ambassadeur à Alger, juste pour nos si beaux yeux de copine courroucée et passablement boudeuse. Sauf que quelques heures à peine après cette si touchante attention, les «parkingueurs des lieux saints» ont envoyé leur ministre des Affaires étrangères à Rabat dire aux Marocains tout le bien que pense l’Arabie de l’occupation du Sahara occidental, et entrevoir même des investissements saoudiens futurs dans cette «province». Le sommet de la fraternité en mode «parkingueur». Ils encaissent les 50 dinars de ton stationnement dans leur cœur et te cassent ton déflecteur et te crèvent les roues dès que t’as le dos tourné ! Ah ! Mes frères en religion ! Ah mes hébergeurs de foi et mes entremetteurs divins ! Je vous sais fourbes, même si ce qualificatif fait un peu «cliché orientaliste», mais là aussi, je n’ai trouvé que ce terme-là pour désigner votre relation au monde. La fourberie du chamelier qui veut semer les autres membres de la caravane pour arriver le premier au puits afin d’y puiser lui et sa bête l’eau la moins saumâtre. Oui ! Fourberie, car sachant qu’ici, en D.Z-Land la question du Sahara occidental est entrée depuis quelque temps déjà en phase de doute et de «réajustements objectifs». Les tontons flingueurs de la cause sahraouie ont envoyé leur plus grosse et plus grossière gâchette, Saâdani, faire le premier tir de déblaiement, les salves de roquettes presque à l’aveugle, sans calcul de trajectoire précis. Les fines gâchettes, elles, travaillent comme travaillent toutes les fines gâchettes du monde, dans l’ombre des bureaux de cogitation. Al-Saoud sait tout cela. Alors, que lui coûtent de telles déclarations en terre marocaine ? Rien.
Sinon quelques piaillements d’oisillons, dont les nôtres.
Mais dans le fond, les «parkingueurs des lieux saints» savent qu’ils
nous tiennent par là où ça fait le plus mal. Et ils appuient à leur guise,
lorsqu’ils jugent le moment venu d’appuyer.
Alors, comme toujours avec les «parkingueurs»,
payons les 50 dinars du parking, baissons la tête, ça sera toujours
ça de sauvé, un pare-brise et une roue !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
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