A LA UNE/ACTUALITÉ_ COOPÉRATION ALGÉRO-FRANÇAISE
25 Octobre 2015

3e session du Comité mixte économique

La troisième session du Comité mixte économique algéro-français se tient cette fois-ci à Paris le 26 octobre, soit demain. La délégation algérienne sera coordonnée par le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et son collègue de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb. Du côté français, c’est le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et Emmanuel Macron, patron de l’économie, qui conduiront les travaux. Hamid Grine n’est apparemment pas du voyage, mais Bouchouareb le sera.
Il est à parier que l’enjeu pour la France ce sont les contrats juteux en cours et en perspective malgré la fin chez nous de l’embellie financière. La bataille est menée par la France qui ne désespère pas pour reprendre à la Chine la première place de fournisseur de notre pays. Toute cette donne fera que la délégation algérienne sera reçue avec les honneurs dus à un pays aussi généreux et qui sait passer l’éponge sur l’essentiel.
Si l’on confirme aujourd’hui la tenue de cette rencontre, d’un côté comme de l’autre, l’on fait comme si rien de nouveau n’est venu assombrir le ciel algéro-français et comme si l’épisode de la fouille à Orly et du tollé provoqué dans l’opinion algérienne n’avait jamais existé. Il est vrai qu’à propos de la dernière victime des fouilles policières d’Orly, en l’occurrence Hamid Grine (après les deux précédents ministres, Bouchouareb et Tebboune ayant fait l’objet du même traitement), une source du MAE algérien aurait déclaré à un confrère : «Pour nous, tout est rentré dans l’ordre.» Tout porte à le croire. Il aura suffi que Bernard Cazeneuve exprime par lettre à Grine, non pas des excuses mais de profonds regrets, pour clore l’épisode.
Pour s’en convaincre, il suffit de savoir que le bal des délégations arrivant sur Alger ou celles algériennes se rendant en France n’a pas connu de répit. Aujourd’hui même, Najat Vallaud-Belkacem, ministre française de l’Education, est dans nos murs. Aujourd’hui également, le sénateur français Gérard Collomb va entamer une tournée dans le pays. En sens inverse et hormis les voyages de notre MAE, l’on n’apprend les voyages à Paris des autres ministres, que très accidentellement, lorsque, par exemple, un pépin se produit au vu de témoins.
Demain donc la troisième session du Comité mixte économique algéro-français (Comefa), organisme créé en 2013, s’ouvrira dans la capitale française par une séance plénière qui regroupera les entreprises des deux pays engagés dans «un partenariat», dixit la partie française. Le fait saillant de la journée de demain sera naturellement la signature d’accords. Ces derniers sont au nombre de huit et concerneront les secteurs des transports, de l’agriculture, de la propriété intellectuelle et la mobilité des jeunes diplômés.
L’après-midi sera consacrée à des «ateliers sectoriels sur le numérique, la sous-traitance et l’agroalimentaire». Dans la foulée, nous apprenons que le lendemain, soit le 27 octobre, des tables rondes auront lieu au Sénat et porteront sur la «mobilisation des collectivités locales au service de la coopération industrielle».
Si l’on apprend aussi que «les Français vont mettre la pression sur le dossier Aigle Azur pour libérer les 28 millions bloqués par la Banque d’Algérie» à l’encontre du transporteur français, du côté algérien, non seulement aucune information n’est fournie sur cette rencontre (à l’heure où nous mettons sous presse) et même si nous l’étions pourrions-nous penser un instant qu’avec la France aujourd’hui, nos gouvernants actuels peuvent exiger quoi que ce soit ?
Khedidja Baba-Ahmed