Culture citadine sous chapiteaux
SOIT DIT EN PASSANT
09 Février 2016
Malika Boussouf
Journaliste, écrivaine
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Malika Boussouf est née en Algérie, en avril 1954. Psychologue de formation,
elle embrasse en 1985 la carrière de journaliste, (Révolution Africaine,
Le Midi Libre, RTL.), et rejoint en 1991, la rédaction du quotidien indépendant
Le Soir d’Algérie dont elle deviendra Rédactrice en chef, directrice de
la Rédaction et aujourd’hui, éditorialiste. Auteur, elle publie en 1995: Vivre traquée,
aux éditions Calman Lévy (Prix spécial du jury de la fondation Noureddine Aba .
1995), et contribue à Moi vouloir travailler, 1995 éd. Actes Sud. Parallèlement
elle anime des tables rondes sur le code de la famille et la violence à l’encontre
des femmes pour l’association « Femmes en Communication ».
Culture citadine sous chapiteaux
Par Malika Boussouf
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Il y a des jours comme ça où, dès le réveil, un air joyeux vous trotte dans la tête.
Réconfortante perspective que celle de cette sympathique obsession qui va vous éviter
de débattre inutilement du sexe des anges. Oui, mais il y a aussi ces autres matins
où la simple écoute d’une chanson vous plonge dans une tristesse aussi profonde
qu’inattendue, au lieu de vous vider la tête des désagréments quotidiens que vous savez
devoir affronter.Inutile de vous interroger sur la capacité d’une chanson à embellir
votre journée ou à vous la rendre détestable en la déviant de ce que vous avez projeté
d’en faire. Ce billet s’adresse aux âmes rêveuses et sensibles qui aiment, dès leur réveil,
faire le plein de musique pour mieux défier la mauvaise humeur, version locale,
quand elles la sentent inévitable. Exemple : je sais qu’en traversant la rue,
tout à l’heure, pour aller m’approvisionner en terreau auprès des charmants pépiniéristes
de la Grande-Poste et m’abreuver, au passage, de leur nonchalance matinale, je longerai
inévitablement ces affreux chapiteaux ! Je regarde depuis des mois, impuissante et désespérée,
ce beau quartier se clochardiser et je me dis que je déteste décidément l’idée que cette
si jolie place, sans doute, à l’origine, conçue pour accueillir gracieusement le visiteur étranger,
ait été rétrogradée au titre de marché de province.
Non pas que je méprise les marchés en question, mais s’ils pouvaient restés là où
ils ont été improvisés, la culture du village et celle de la capitale ne s’en porteraient que mieux
et la mémoire des lieux n’en serait, elle, que plus avantageusement respectée.
A la place du 1er Mai, même combat. La détermination à défigurer la capitale ne fait aucun doute
tandis qu’une partie du patrimoine maltraité est là et qui nous fait un pitoyable pied-de-nez.
J’ignore ce qui a pu inspirer les maires du Grand Alger, mais si l’intention de départ était
de faire exotique, c’est gagné sauf que l’exotisme en question est d’un goût passablement douteux.
M. B.
Atlas-HD-200 B102 B118
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