Le Pen contre Le PenPublié le 10/04/2015 à 17:00
guerre sans merci au Front National
mis à jour à 17:45
Le Front national a explosé après les déclarations de Jean-Marie Le Pen dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol. Alors que Marine Le Pen est décidée à le pousser vers la sortie, le président d'honneur s'accroche à son siège. Retour sur quatre jours de guerre ouverte.
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Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine se mènent une guerre sans merci.
La dernière sortie médiatique de Jean-Marie Le Pen a été interprétée par la présidente du Front National comme une déclaration de guerre. Désormais, père et fille s'écharpent ouvertement par médias interposés. Et ni l'un ni l'autre ne semble décider à hisser le drapeau blanc. Retour sur cette brouille familiale et politique.
Déclaration de guerre: l'interview à Rivarol
A 86 ans, Jean-Marie Le Pen aime toujours autant la provocation. Il l'a prouvé mardi en donnant un long entretien à l'hebdomadaire d'extrême-droite, Rivarol, au cours duquel il a expliqué ne jamais avoir "considéré Pétain comme un traître", vouloir sauver "l'Europe boréal et le monde blanc", et réitéré ses propos sur les chambres à gaz "détail de l'Histoire".
Le président d'honneur du Front national vient une nouvelle fois de saper le travail de dédiabolisation engagé par Marine Le Pen depuis son accession à la tête du parti, en 2011. Les relations entre le père et la fille étaient glaciales depuis plusieurs années, elles sont désormais ouvertement rompues: ses déclarations ont été interprétées par les cadres du parti comme une déclaration de guerre ouverte. "Jean-Marie Le Pen semble être entré dans une véritable spirale entre stratégie de la terre brûlée et suicide politique", assure la présidente du parti dans un communiqué.
Le FN veut "neutraliser" Jean-Marie Le Pen
Pour la première fois, la présidente du Front National dépasse la simple condamnation des propos de son père. Au Monde, elle parle d'une "crise sans précédent au FN" et annonce non seulement son intention d'empêcher Jean-Marie Le Pen de se présenter à la présidence de la région Paca, mais également de "réunir rapidement un bureau exécutif afin d'envisager avec lui les moyens de protéger au mieux les intérêts politiques du FN". En d'autres termes: trouver un moyen d'éloigner de manière durable Jean-Marie Le Pen de la vie politique.
Reste que les armes à sa disposition pour "neutraliser" Jean-Marie Le Pen ne sont pas d'une grande aide: les statuts du Front national ne permettent pas de destituer le président d'honneur. Qu'importe, la patronne du Front national annonce jeudi dans une interview sur TF1 que son père sera "convoqué à une procédure disciplinaire", sans en préciser la date. Il risque, comme n'importe quel adhérent, l'exclusion du parti qu'il a pourtant cofondé en 1972.
Baroud d'honneur
Mais Jean-Marie Le Pen n'est pas du genre à baisser les armes. "J'irai me défendre, évidemment, et probablement attaquer", a répliqué le patriarche frontiste ce vendredi matin sur RTL, évoquant un "assaut généralisé" à son encontre.
L'octogénaire a balayé d'un revers de manche une éventuelle retraite. Et a indiqué qu'il entendait bien "défendre" -"sans trop d'illusion" - sa candidature aux régionales pour le parti. Sera-t-il candidat dans la région PACA sans l'investiture officielle du FN? "C'est à voir, c'est sur le champ des réflexions", a répondu le "Menhir".
Eléments de réponse le 17 avril à 10 heures, lors du bureau politique du parti. Guerre des clans
Après l'interview de Jean-Marie Le Pen, les cadres du parti se sont quasiment tous rangés derrière la présidente du Front national. Le vice-président Louis Aliot a réagi sur Twitter, évoquant des "désaccords politiques désormais irréconciliables".
Seul Bruno Gollnish, proche historique de Jean-Marie Le Pen, a pris sa défense.
"Il n'y a aucune raison de sacrifier quelque composante de notre mouvement que ce soit en raison d'une diabolisation artificiellement entretenue, ni de maintenir un climat de tension que chercheraient à nous imposer nos adversaires, responsables du terrifiant déclin de notre pays", écrit l'ancien numéro deux du FN sur son blog. Invité de France Info, il a déclaré ne pas avoir "été choqué par ce qu'on trouve" dans l'entretien à Rivarol.
Quant à la cadette de la famille, Marion Maréchal-Le Pen, elle joue plus ou moins le rôle de la Suisse : elle ne s'est pas exprimée depuis le début de la polémique. Un silence interprété par son grand-père comme un signe d'allégeance aux instances du parti.



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